Reporter l'élection présidentielle ? Contester d'avance l'issue de l'élection ? A 100 jours de l'élection Donald Trump multiplie les provocations... dans l'indifférence presque générale.

Donald Trump, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche le 30 juillet 2020
Donald Trump, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche le 30 juillet 2020 © AFP / ALEX WONG / Getty Images via AFP

Donald Trump veut-il ou ne veut-il pas reporter l'élection présidentielle ? Il a dit tout et son contraire (... j'allais dire "comme à son habitude") : un tweet suggérant donc de reporter la date de l'élection et une intervention pour dire qu'il était le premier "à ne pas vouloir de report et à vouloir la tenue de cette élection". Et d'ajouter que ce qu'il ne voulait pas, c'était d'une élection truquée avec dans le collimateur le vote par correspondance dont il pense qu'il est la porte ouverte à une fraude massive. 

Pourquoi ce revirement sur le report de la date de l'élection ? Tout bêtement parce qu'un président des Etats-Unis ne peut pas fixer la date d'une élection présidentielle. C'est le Congrès qui le fait. Or, même s'il demandait un report, il ne l'obtiendrait pas : il n'a la majorité que dans l'une des deux chambres, le Sénat.

Quelle stratégie derrière ces déclarations et ces tweets ?

La stratégie du désespoir ! Le tweet d'hier à été posté quelques minutes à peine après la parution des chiffres catastrophiques de la récession américaine pour le deuxième trimestre : un plongeon historique de plus de 10% ! Autrement dit, ça s'appelle faire diversion.

Alors bien sûr, les articles dans la presse se sont multiplié pour expliquer que ce président était capable de tout et de n'importe quoi pour l'emporter. Comme par exemple, en appeler à l'armée en déclarant l'Etat d'urgence.

Après tout, Donald Trump a envoyé des centaines de policiers fédéraux au contact à Portland et Seattle, des villes qui manifestent durement depuis plusieurs semaines. Imaginez de telles provocations dans des villes noires comme Baltimore ou Atlanta ?

Épuisement des Américains

Ce qui est certain, c'est que les Américains sont épuisés par cette avalanche en 280 caractères en provenance de la Maison-Blanche. Leurs préoccupation sont d'ordre économique (le chômage), et sanitaire (le coronavirus).

Il y a partout une vraie "fatique" Donald Trump. Juste un exemple : hier encore, Donald Trump expliquait que l'Allemagne était une nation "délinquante". Le propos est si stupide et si outré que moi, dont c'est le métier, j'ai à peine levé le sourcil.

Il y a une deuxième raison à cette "fatigue" trumpienne : les sondages. Joe Biden maintient une avance constante et inébranlable de 8 à 10 points depuis des mois. Or ça n'est arrivé qu'une fois dans l'Histoire politique récente : pour la réélection de Bill Clinton en 1992.

Un candidat démocrate solide

Si le candidat démocrate s'appelait Hillary Clinton que trop d'Américains détestait ou encore Al Gore qui venait après deux mandats de Bill Clinton, on pourrait s'inquiéter. Mais Joe Biden, même à 77 ans, est pile le candidat idéal pour répondre à cet épuisement face à Trump

Contrairement à Trump, Joe Biden a 36 années d'expérience politique. Contrairement à Trump, il joue l'apaisement. Contrairement à Trump, dont le vice-président est un ectoplasme, il veut une vice-présidence de poids : donc une femme, jeune et brillante.

Il a même ce sens de la formule – ou de la gaffe - qui l'a rendu célèbre et sympathique aux yeux de tous les Américains. Donald Trump ne veut pas quitter le pouvoir ? "Ok", a-t-il répondu, "le peuple sait comment déloger un squatteur enkysté à la Maison-Blanche".

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