Ce matin, nous allons au Brésil où une affaire de viol collectif a traumatisé le pays…

Par Anthony Bellanger.

Ce matin, nous allons au Brésil où une affaire de viol collectif a traumatisé le pays…

Le viol d'une toute jeune fille de 16 ans dans une favela de Rio par une trentaine d'hommes. Un viol horrible qui s'est terminée par une vidéo postée sur les réseaux sociaux par un ou plusieurs violeurs, comme un trophée en somme.

Immédiatement, ce film de 40 secondes a été partagé des centaines de milliers de fois et vu notamment par les parents de la jeune fille. Celle-ci a porté plainte mais a été interrogé au commissariat par des hommes qui l'ont rabrouée, voire brutalisée.

Puis ça a été au tour des médias de s'emparer de l'affaire, un peu tardivement tout de même. Enfin des milliers de manifestantes sont descendues dans les rues des grandes villes brésiliennes aux cris de plus jamais ça ou Estupro Nunca Mais, Viol plus jamais ça.

Des femmes manifestent à Rio de Janeiro le 27 mai 2016 suite au viol collectif d'une jeune femme de 16 ans.
Des femmes manifestent à Rio de Janeiro le 27 mai 2016 suite au viol collectif d'une jeune femme de 16 ans. © REUTERS/Ricardo Moraes

Le Brésil a l’image d’un pays machiste... ?

C'est vrai, entre 1980 et 2010, 92 000 femmes ont été tuées au Brésil dans des affaires de viol, de violences domestiques ou simplement parce qu'elles étaient des femmes. Un machisme que l'on retrouve d'ailleurs dans les plus hautes sphères du pouvoir.

Le gouvernement de transition du président brésilien Michel Temer n'en contient aucune et lorsqu'il l'a sommé de s'expliquer, il a cité l'importance de son épouse à ses côtés et a expliqué qu'aucun parti de sa coalition ne lui avait proposé des noms de femmes.

Mais en fait, ce qui est intéressant dans cette affaire horrible est, une fois de plus le réveil de la société civile et surtout des brésiliennes elles-mêmes.

Je dirais même que les Brésiliennes se retrouvent, pour le coup, en parfaite syntonie avec d'autres femmes, les Indiennes cette fois.

Parce qu'en Inde aussi, les femmes manifestent...

Exactement pour les mêmes raisons : des affaires de viols collectifs ou de machisme ordinaire qui ont poussé le gouvernement indien a, par exemple, faire installer des signaux d'alarme dédiés aux femmes dans les transports collectifs en cas d'agression.

Ou de créer des unités entièrement féminines réparties dans les commissariats pour accueillir les victimes et recueillir leurs témoignages. Des mesures qui ont été prises après des centaines de manifestations dans tous les pays et encore hier !

Quel est le point commun entre le Brésil et l'Inde ? Ce sont deux pays émergeants aussi bien économiquement que sociétalement. Ça signifie que les femmes commencent à travailler en masse et à occuper l'espace public qui était réservé aux hommes.

Cela signifie surtout qu'elles sont éduquées ces femmes. C'est une donnée et un progrès majeur de notre monde contemporain. Aujourd'hui 80% des filles sont alphabétisées contre moins d'un tiers en 1950.

Or, tous les démographes vous le diront, dès que les femmes savent lire et écrire, elles contrôlent les naissances, donc leur sexualité. Et elles prennent la parole aussi, lorsqu'on les viole ou on les bat, comme en Inde hier et au Brésil aujourd'hui.

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