Hier, à l’OCDE, il y avait le trumpisme d’un côté et, de l’autre, la France et son président ; d’un côté une droite des années trente et, de l’autre, une fidélité aux idéaux de gauche qui avaient été dominants...

Oui, bien sûr, mais avec qui ? Ce discours prononcé hier par Emmanuel Macron devant l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE dont le siège est à Paris et qui réunit 35 des pays les plus avancés, ce discours, donc, était tout à la fois plein d’angoisse sur l’état du monde et totalement à gauche dans sa défense de la concertation, sa dénonciation des injustices présentes et sa volonté de régulation de l’économie d’aujourd’hui, c’est-à-dire de la mondialisation.

           Ce discours, il serait difficile de ne pas l’applaudir tant il est vrai, comme il était dit, que « nous ne nous apprêtons pas à vivre des temps calmes », que les conséquences de la mondialisation sont à la fois un recul spectaculaire de la misère dans le monde, un très grand bouleversement de la répartition internationale du travail et une explosion des inégalités qui vient ébranler les consensus sociaux et remettre en question ce multilatéralisme qui organisait le monde depuis 70 ans autour d’une volonté de préserver la paix en négociant des compromis internationaux plutôt qu’en imposant la loi du plus fort.

           Ce discours était d’autant plus frappant qu’il faisait suite au rejet frontal, par le secrétaire américain au Commerce, des « palabres infinies » du multilatéralisme auxquelles seraient préférables, avait-il dit, les actions bilatérales.

           Hier, à l’OCDE, il y avait le trumpisme d’un côté et, de l’autre, la France et son président ; d’un côté le nationalisme et, de l’autre, la concertation internationale ; d’un côté une droite des années trente et, de l’autre, une fidélité aux idéaux de gauche qui avaient été dominants depuis la Libération.

En France, Emmanuel Macron n’est plus guère regardé comme « et de droite et de gauche ». Sur la scène internationale, en revanche, face à Donald Trump et à tous ces nationalismes dont le vent est partout en poupe, il est la gauche, l'alternative à Donald Trump, l’anti-Trump, mais il l’est à sa manière, toujours la même, fruit de convictions et d’habileté.

De même qu’il défend le compromis nucléaire passé avec l’Iran tout en admettant qu’il devrait être complété par d’autres accords, Emmanuel Macron a défendu, hier, le multilatéralisme tout en proposant de revoir et compléter les règles actuelles du commerce international qui sont à bien des égards dépassées. Là encore, on ne pouvait qu’être d’accord, vraiment, avec le constat et les propositions mais  avec qui Emmanuel Macron peut-il défendre cette position d’équilibre ?

Sa réponse est évidemment qu’il le peut avec une Union européenne forte et que rassemblerait l’unilatéralisme de M. Trump. Avec une telle Union, il le pourrait en effet mais, aujourd’hui, hélas, malheureusement, dramatiquement, malgré Trump, l’Union semble moins s’affirmer que s’essouffler.

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