Où l'on voit que rien ne fait peur à ce président surpris par ses fonctions.

C’en est presque comique. Blessé, humilié, affaibli par son échec à défaire l’Obamocare, la loi par laquelle son prédécesseur avait généralisé la couverture médicale, Donald Trump a dégainé hier contre les plus libéraux des Représentants républicains et tendu la main… aux Démocrates avec lesquels il espère maintenant trouver un compromis sur ce dossier.

Il y a une logique à ce tête-à-queue puisque ce sont bien les voix du Freedom Caucus, de cette trentaine d’idéologues de la non-ingérence de l’État dans l’économie, qui lui avaient manqué pour substituer à l’Obamacare un nouveau texte infiniment moins protecteur. Pour ces ayatollahs du libéralisme, il y avait encore là trop de socialisme. Il fallait, à leurs yeux, qu’il ne reste rien de la réforme de Barack Obama, pas même une trace, et ils avaient donc refusé leur appui au projet concocté par leur groupe parlementaire et approuvé par la Maison-Blanche.

Après la démission de son conseiller à la sécurité nationale pour contact trop étroit avec les Russes et le blocage par la Justice de ses décrets interdisant l’entrée du territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays musulmans, Donald Trump en était resté groggy. Il lui fallait rebondir avant que le Freedom Caucus ne réalise qu’il était à même, la preuve en était faite, de lui imposer sa loi en lui dictant son propre agenda. Le président était en danger et il a donc tweeté au réveil : « Le Freedom Caucus nuira au programme républicain. Nous devons les combattre ». Ah, oui ? Très bien, mais comment ?

En m’entendant avec les Démocrates, a-t-il expliqué, bien sûr, élémentaire, sur un autre substitut à l’Obamacare. Le speaker républicain de la Chambre s’en est étranglé. Le Freedom Caucus a, lui, repoussé cette manœuvre d’intimidation en accusant Donald Trump de s’être déjà laissé enliser dans les pratiques politiciennes du Sodome et Gomorrhe washingtonien et l’on en est là.

Sur le prochain épisode, même les cartomanciennes déclarent forfait mais, fondamental, le premier enseignement de ce tweet et que Donald Trump est décidément tout, sauf un idéologue.

Du temps où il n’était qu’un homme d’affaires, il cultivait les deux partis. Ca peut toujours servir. New-yorkais, il s’était longtemps dit démocrate dans une ville démocrate avant que New York ne penche à droite et qu’il ne vire républicain.

La politique, il s’en moque, seuls les bénéfices comptent, et s’il avait fait une campagne tellement à droite, ce n’était que pour flatter les électeurs des primaires républicaines et offrir à la marque Trump une campagne de publicité internationale comme aucune agence n’en a rêvé.

Maintenant qu’à sa plus grande surprise il se retrouve dans le Bureau ovale et découvre les difficultés de la politique, il en revient à un pragmatisme de businessman sans apparemment voir que cela le décrédibilise un peu plus.

C’en est, oui, presque comique sauf que c’est cet homme qui doit traiter, à la tête de la première puissance du monde, avec le Proche-Orient, Vladimir Poutine, la Chine, nos vies et la stabilité internationale.

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