Eh bien, non, cette élection n’est pas pliée.

L’écart entre Hillary Clinton et Donald Trump s’est sensiblement resserré ces derniers jours. La candidate démocrate est encore loin d’avoir perdu. Elle garde l’avantage dans les sondages nationaux mais alors qu’elle faisait course en tête avec près de six points d’avance depuis plus de deux semaines, son adversaire républicain n’a désormais plus qu’un retard sur elle de moins de 4% des intentions de vote et cette évolution est particulièrement sensible en Floride.

Dans cet Etat dont le vote sera décisif car il est l’un des « swing states », des Etats hésitant entre les deux partis et dont le choix fera l’élection, les sondages donnent maintenant Mme Clinton en net recul, à moins d’un point de Donald Trump ou même derrière lui de quatre points, à en croire le New York Times d’hier.

Ce rebondissement n’a rien de mystérieux.

Il tient au FBI, au Bureau fédéral d’investigation, la police fédérale, dont le directeur a annoncé vendredi, dans une lettre au Congrès, qu’il rouvrait une enquête contre Hillary Clinton. Il s’agit là d’un nouvel épisode, le énième, de l’affaire des mails que l’ancienne secrétaire d’Etat avait envoyés à partir de sa messagerie privée alors qu’elle aurait dû passer, dans l’exercice de ses fonctions, par les systèmes cryptés de l’appareil diplomatique américain.

Elle s’était ainsi rendue coupable d’une négligence susceptible de mettre en danger la sécurité de l’Etat. Surexploitée par Donald Trump qui parlait de « pratiques criminelles », cette affaire avait empoisonné sa campagne jusqu’à ce que le FBI ne conclue, en juillet dernier, après examen détaillé de milliers de messages, qu’il n’y avait finalement pas lieu à poursuites. La page semblait tournée mais le FBI a maintenant mis la main sur de nouveaux mails dont l’existence justifie, aux yeux de son patron, James Comey, la reprise de l’enquête.

Hillary Clinton et son équipe dénoncent là une manœuvre car, bien que nommé par Barack Obama, James Comey est un républicain. Leurs protestations ne sont pas infondées puisqu’il est très surprenant, en effet, que le FBI s’immisce ainsi dans la campagne, à dix jours du scrutin et alors qu’il reconnaît lui-même que ces nouveaux mails n’ont rien, à ce stade, de significatif.

Peut-être, ce n’est pas impossible, cette annonce relève-t-elle d’un pur et simple coup bas de dernière minute mais le fait est aussi que le patron du FBI ne pouvait pas passer cette découverte sous silence parce que les choses auraient de toute façon fuité et qu’il aurait pu être accusé, une fois Mme Clinton élue, d’avoir caché des faits aux électeurs et ainsi favorisé son élection.

Les dégâts sont, quoi qu’il en soit, sérieux.

Ils le sont pour la candidate démocrate dont la campagne est maintenant en difficultés. Ils le sont, surtout, pour les Etats-Unis, désormais en danger soit d’être gouverné par Donald Trump soit de se retrouver avec une présidente sous le coup d’une longue enquête judiciaire à l’issue incertaine.

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