Où l'on voit que l'étau se resserre sur Donald Trump dont l'équipe de campagne était truffée d'amis du Kremlin

Aussitôt, il a dit son soulagement. Les premières conclusions de l’enquête sur les ingérences russes dans la présidentielle américaine de 2016 étaient à peine connues que Donald Trump soulignait à l’envi que le procureur spécial et ancien patron du FBI Robert Mueller ne l’avait nullement mis en cause. 

Il n’y a « AUCUNE COLLUSION » a-t-il tweeté en lettres capitales, aucune accusation de collusion entre le Kremlin et moi voulait-il dire, mais tout le problème est que ce qui est aujourd’hui vrai ne le sera pas forcément demain. A ce stade de l’enquête, il n’y a pas de preuve irréfutable contre le candidat Trump, pas de smoking gun, comme disent les Américains, pas de pistolet fumant, mais aucun auteur de roman d’espionnage n’aurait pourtant pu imaginer ce qui vient d’être révélé ou confirmé.    

Inculpé hier de conspiration contre les Etats-Unis, de blanchiment d’argent et de dix autres manquements à loi, Paul Manafort, l’homme qui avait dirigé la campagne de Donald Trump de juin à août 2016, avait bel et bien travaillé pour les appuis des Russes en Ukraine, l’ancien président Viktor Ianoukovitch et son Parti des régions dont il était le lobbyiste non déclaré à Washington. Ce travail lui aurait permis de soustraire 18 millions de dollars au fisc grâce à des paiements dans des paradis fiscaux. 

Chacun peut ainsi comprendre que l’ancien directeur de campagne de Donald Trump s’était, par-là, mis dans la main des services russes, que le seul moyen qu’il ait désormais d’échapper à de lourdes peines de prison est de se mettre à table et que, s’il ne le fait pas, son adjoint et associé, Rick Gates, également inculpé et placé en résidence surveillée, pourrait le faire à sa place. 

Le procureur Mueller est maintenant en situation de faire pression sur deux témoins qui pourraient être extrêmement gênants pour le président et ce n’est pas tout. George Papadopoulos, la troisième personne inculpée hier, fut l’un des cinq conseillers de politique étrangère du candidat Trump et c’est alors qu’il exerçait cette fonction qu’il a entretenu des contacts suivis avec des Russes lui promettant des documents pouvant compromettre Hillary Clinton. Contrairement aux deux autres inculpés, Georges Papadopoulos plaide coupable et n’en finit plus de parler. 

Alors peut-être n’y aura-t-il jamais de preuve d’une collusion directe entre Donald Trump et le Kremlin mais le parfum russe pesant sur sa campagne et d’ores et déjà lourd. Il pourrait vite s’alourdir encore et, bientôt, l’alternative sera claire. Ou bien ce candidat se savait entouré d’hommes tenus par les Russes et voyait là un atout contre son adversaire démocrate ou bien il n’a rien su, rien vu et un tel aveuglement n’aurait pas dû le destiner à la Maison-Blanche.   

     

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