A quelques semaines des élections législatives du 26 septembre, le fou rire du candidat de la CDU en pleine cérémonie en hommage aux victimes des inondations est une catastrophe.

Le rire d'Armin Laschet (CDU) le 17 juillet 2021
Le rire d'Armin Laschet (CDU) le 17 juillet 2021 © Maxppp / Marius Becker/dpa/picture-alliance/Newscom

J'ai voulu revenir ce matin sur les inondations meurtrières en Allemagne. Moins sur le drame lui-même que sur ses conséquences politiques à quelques semaines de législatives cruciales. Le 26 septembre, les Allemands décideront de la ou du successeur d’Angela Merkel.

Or, en Allemagne des inondations et une paire de bottes ont déjà décidé d’une élection. C’était en août 2002 : l’Elbe et le Danube débordent en pleine campagne électorale. A l’époque la CDU avait une avance de 5 points dans les sondages.

Leur adversaire est le social-démocrate Gerhart Schroeder. Un animal politique qui se précipite, en bottes de caoutchouc, sur les lieux du drame. Le candidat conservateur, lui, attendra une semaine et arrivera en polo.

Une erreur que n’ont pas reproduites les candidats d’aujourd’hui...

Pas le chrétien-démocrate Armin Laschet, en tous cas ! Il s’est rendu sur place, en bottes de caoutchouc, quelques heures après la catastrophe. D’ailleurs, depuis qu’il est entré en campagne en janvier, tout lui réussit : son parti a plus de 12 points d’avance.

Sa principale opposante, l’écologiste Annalena Baerbock, semblait incapable de se dépêtrer d’accusations de plagiat et, surtout, d’imposer son agenda dans une situation pourtant très favorable aux Grünen : pandémie, monde d’après et transition écologique.

Des sondages en berne pour les Ecolos

En repassant sous la barre des 20% d’intention de vote, Annalena Baerbock semblait avoir perdu pied.

Il s’en est fallu d’un rire et d’un titre ! Le rire, c’est celui d’Armin Laschet lors d’un hommage aux victimes des inondations présidé par le chef de l’Etat.

Mais le pire, c’est le titre de presse à la une du quotidien populaire Bild : « L’Allemagne pleure et Laschet rit ». La Bild, outre-Rhin, c’est un million et demi d’exemplaires et une réputation de faire et de défaire les élections. Bref, le mal est fait.

Il est d’autant plus terrible qu’il a été précédé d’une autre maladresse : alors qu’on lui demandait si ces inondations allaient modifier son agenda environnemental, il a répondu : « on ne change pas de politique à cause d’un événement de ce type ».

Angela, la tueuse

Surtout, l’avance n’est pas de 5 points, comme en 2002, mais bien de 10 à 12 points. De plus, si ces inondations ont une conséquence politique, c’est moins dans le rattrapage électoral que dans le retour en grâce de l’agenda écolo. Eh puis, il y a Angela Merkel.

Hier, en se rendant sur place, la chancelière a semblé vouloir limiter les dégâts à droite. Mais en étant l’exacte opposée du candidat de son parti : empathique mais sans effusion et professionnelle, elle n’a fait au fond que marquer la différence avec Armin Laschet.

Je ne suis pas certain que ce soit tout à fait innocent de sa part… Angela Merkel, c’est certes « Mutti » Merkel, maman, mais c’est surtout une tueuse en politique qui a systématiquement éliminé tous ces rivaux au sein de son parti.

Or je pense que ça ne lui déplairait pas qu’une femme de 40 ans, même écolo, lui succède à la chancellerie, plutôt qu’un sexagénaire un peu falot et originaire de l’ouest de l’Allemagne, même conservateur, comme Armin Laschet.

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