Cette allocation est versée à partir du mois de mai aux habitants. Elle garantit un revenu minimum de 855 euros par mois pour une personne seule. Un moyen pour le maire et candidat EELV aux élections européennes, Damien Carême, de lutter contre la pauvreté qui touche un de ses administrés sur cinq à Grande-Synthe.

Damien Carême, le maire de Grande-Synthe, met en avant les économies réalisées sur la consommation d’énergie de la ville, pour verser un minimum social garanti
Damien Carême, le maire de Grande-Synthe, met en avant les économies réalisées sur la consommation d’énergie de la ville, pour verser un minimum social garanti © Maxppp / La Voix du Nord / Marc Demeure

Ce matin-là, Caroline vient en mairie de Grande-Synthe. Elle a rendez-vous au Centre communal d’action sociale (CCAS) pour signer son contrat de "minimum social garanti". "J’ai reçu un coup de fil tôt hier matin, ils m’ont dit que j’allais toucher 280 euros par mois, dès le mois de mai. Je n’en revenais pas", explique cette quinquagénaire en recherche d’emploi qui vit seule avec son fils de 23 ans. Juan Manuel Del Potro, le directeur du CCAS relit avec elle les modalités du contrat : "Vous touchez donc le revenu de solidarité active et l’aide pour le logement. Dès ce mois de mai, au regard de votre situation, vous avez droit à une aide facultative de 280,69 euros et cela pendant une période de six mois. Vous pouvez les utiliser pour les dépenses de loyer, de charges, de transports, tout ce qui est en lien aussi avec les frais de formation ou de scolarité pour vous ou votre enfant".

Plus aucun habitant sous le seuil de pauvreté

Ce minimum social garanti, il doit permettre à tous les habitants de Grande-Synthe d’atteindre le seuil de pauvreté, soit 855 euros pour une personne seule ou 1.800 euros pour un couple avec deux enfants en bas âge par exemple. Et il fait l’objet d’un suivi "indispensable si l’on veut que les familles puissent réellement aller mieux et retrouver un peu de souplesse dans leur budget" explique Juan Manuel Del Pozo, directeur du CCAS de Grande Synthe qui a déjà fait signer des contrats de "minimum social garanti" à 250 foyers depuis début avril.

Chaque mois Caroline devra donc rencontrer un travailler social pour faire le point sur sa situation financière. Elle doit conserver tous ses justificatifs de paiement pendant cinq ans, en cas de contrôle. Mais cela en vaut la peine assure celle qui va fêter dans quelques jours ses 51 ans : "Aujourd’hui, dès le 15 du mois, c’est l’angoisse. J’ai peur d’ouvrir ma boîte aux lettres à cause des factures, je dois régulièrement demander des bons d’aide alimentaire, parfois je n’arrive pas à payer mon loyer à mon bailleur. Cet argent, il va me permettre de payer les factures, me soulager un peu", explique Caroline dans un sourire.

"L'écologie au service du social"

Pour le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, le chantier est immense : "Ce que l’on propose aujourd’hui nationalement n’est pas à la hauteur des enjeux puisque _17,6% des habitants de la commune sont sous le seuil de pauvreté bas et gagnent moins de 855 euros par mois_. Et aujourd’hui avec cette somme on ne vit pas, on survit" dénonce celui qui se présente sur la liste Europe Ecologie-Les Verts aux élections européennes du 26 mai prochain. "Ce minimum social garanti, c’est un choix politique. Cela va coûter 1,4 million d’euros à la ville cette année, 2 millions en année pleine l’an prochain. Mais c’est de notre responsabilité".

Pour le financer, Damien Carême met en avant les économies réalisées sur la consommation d’énergie de Grande-Synthe : 500.000 euros sur l’éclairage public, jusqu’à 800.000 euros économisés l’an prochain en rénovant des immeubles ou en connectant les bâtiments de la ville au réseau de chaleur de l’usine ArcelorMittal toute proche.

Le maire de Grande-Synthe fait ici une démonstration concrète de son credo : mettre l’écologie au service du social. Une gageure, dans une ville où un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et où un sur quatre est au chômage..

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