Les méthodes autoritaires et violentes utilisées par le pouvoir pour réprimer les Frères musulmans sont très critiquées par les ONG. La détention provisoire est l'une d'elle.

Le journaliste Mahmoud Abu Zeid derrière les barreaux pendant son procès au Caire en mai 2016
Le journaliste Mahmoud Abu Zeid derrière les barreaux pendant son procès au Caire en mai 2016 © Reuters / Amr Dash

En 2013, il est allé prendre quelques photo sur la place Rabaa el-Adaouïa avec deux autres photojournalistes, il a été arrêté par des policiers. Depuis il n'a toujours pas été jugé. Il vient de commencer sa 4 ème année en prison.

Nous sommes au Caire et vous venez d’entendre Mohammed Abdel Shakour Abu Zeid, le frère de Shawkan, le photojournaliste arrêté qui travaillait pour documenter la dispersion ultra-violente du 14 août 2013 d’un sit-in pro-Morsi, l’ancien président issu des Frères Musulmans, pendant lequel les forces de l'ordre ont tué plus de 1000 personnes en moins de 24 heures. Pour cela, il est en détention provisoire depuis plus de 3 ans… une violation du droit international mais également du droit égyptien. En Egypte, plusieurs centaines de personnes se trouvent en détention provisoire depuis plus de 2 ans. Les ONG égyptiennes accusent le pouvoir d’utiliser la détention provisoire comme un moyen de punition politique, comme Hosni Moubarak, l'ancien raïs. Ce bruit c’est celui des prisonniers qui tapent contre une vitre en plexiglas alors qu’ils sont présentés pour la énième fois devant un juge égyptien en attente du verdict de leur procès, un verdict dont l'annonce sera une nouvelle fois reportée. Au Caire, le reportage de François Hume-Ferkatadji

Mohammed Abdel Shakour Abu Zeid se doit de témoigner encore et encore, même s’il se dit, lui aussi, fatigué et désespéré. Son frère, Shawkan, 29 ans, un photographe indépendant qui travaillent pour le Times et l’agence Démotix, est toujours derrière les barreaux après 3 ans de détention.

Il souffre et tout ma famille souffre. Il est très malade, il est atteint d'hépatite C et d'anémie. Il est psychologiquement très atteint. Il ne sait pas ce qu'il fait en prison, il a juste fait son travail, pourquoi est-il en prison depuis 3 ans ? il ne sait pas.

Alors qu’il est détenu dans une cellule de 30 m2 avec 12 codétenus, il a fallu 2 ans pour que la date d’une première audience soit trouvé, et que les chefs d’accusation soit officiellement connus. Depuis, l’annonce du verdict a été repoussée à 6 reprises,

Les autorités égyptiennes ignorent toutes nos demandes de libération. Nous ne savons pas combien d'année il va falloir encore avant que le procès ne se termine.

L’Initiative égyptienne pour les libertés individuelles, une ONG Egyptienne a recensé au moins 1462 cas de détentions provisoires illégales. Hoda Nasrallah est la coordinatrice du projet de recherche

Les détentions provisoires font parti du système judiciaire et peuvent être utiles, mais cela doit être soumis à des règles précises, et après un pèriode d'instabilité politique, on voit bien que les détentions provisoire ont été utilisées comme une méthode de punition politique plutôt que comme une façon d'aider les enquêteurs.

Le droit égyptien limite clairement à deux ans la période de détention provisoire, mais les juges utilisent d’autres articles de lois pour maintenir en prison des accusés généralement soupçonnés d’être proche des Frères musulmans ou d’autres organisations d’opposition.

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