Depuis le 11 avril, Karthoum semble avoir perdu le fil du temps. Les abords du ministère de la Défense soudanais ne désemplissent pas. Check-points, musique, slogans, rien n’a changé. Les Soudanais ont décidé de ne pas quitter la rue malgré le départ d’Omar al-Bashir.

Manifestation au Soudan ce 1er mai.
Manifestation au Soudan ce 1er mai. © AFP / Afp

C’est le cas de Montassir : "nos demandes sont aussi claires que le jour : on veut remercier l’armée d’avoir aidé le processus révolutionnaire mais nous refusons le pouvoir militaire, il faut qu’ils transfèrent ce pouvoir à des civils." 

Le conseil militaire de transition et les leaders d’opposition n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la proportion de militaires et de civils au sein du futur gouvernement. Abdallah s’inquiète du fait que les militaires veuillent s’accaparer le pouvoir dans la durée : "On s’est déjà fait avoir dans le passé, il y a 30 ans, donc maintenant, on veut des garanties. 

Même les civils prennent 60% du pouvoir, on ne partira pas d’ici." Même constat pour cette jeune femme qui voit planer au-dessus des manifestants, l’ombre de l’ancien régime : "ils continuent de jouer la comédie, ils placent leurs pions, ils nous donnent le sentiment que rien n’a changé, que l’ancien régime est toujours là."

Les manifestants veulent des garanties que le processus démocratique est bien en marche. L’opposition a dressé une liste d’exigences claires. Elle veut notamment que justice soit rendue aux martyrs de la révolution et l’assurance que l’ancien président sera poursuivi en justice pour ses crimes. Une volonté partagée même par les plus jeunes, à l'image de cette jeune fille : "Je veux demander justice pour les martyrs qui sont morts, le sang versé a de la valeur." Un petit garçon explique "Si al-Bashir ne va pas en prison, si les militaires ne veulent pas s'en occuper qu'ils nous le donnent, nous on saura quoi faire de lui !"  

Si le conseil de transition militaire a annoncé un accord avec les leaders d’opposition, en réalité il n’en est rien et les négociations s’enlisent. Dans la soirée, les manifestants ont organisé un rassemblement de grande ampleur pour mettre la pression sur les militaires.

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