A 82 ans malgré une condamnation pour fraude fiscale qui le rend inéligible, Silvio Berlusconi tire aujourd'hui les ficelles d'une coalition de centre droite qui pourrait arriver en tête aux élections législatives italiennes dimanche.

L'ancien Cavaliere a été trois fois président du conseil italien et ne semble pas rassasié de politique. Éclaboussé par les affaires, les scandales sexuels, opéré du cœur en 2016, il a fait campagne sans relâche pour rassembler ses fans qui représentent le cœur de l'électorat : le troisième âge italien.

"Berlusconi ! Pour moi c’est toujours le plus fiable !" Fiable, c’est le premier adjectif qui vient à l’esprit d’Antonella. Sous sa toque en fourrure léopard, cette vieille milanaise fait son marché sous la neige et peste contre ceux qui ont voulu écarter Silvio Berlusconi de la scène politique. "Malgré toute la boue qu’on lui a jeté à la figure, pour tout et n’importe quoi, je pense malgré ça que c’est encore lui le meilleur." 

Les électeurs savent à quoi s’attendre : au meilleur comme au pire

Peu importe les affaires judiciaires, les soirées bunga bunga en compagnie de prostituée mineure… Au moins, avec lui, ses électeurs savent à quoi s’attendre : au meilleur comme au pire. 

Tout semble donc oublié lorsqu’il vient soutenir cette semaine à Milan l’un de ses candidats en abreuvant son public de ses bonnes vieilles blagues sexistes : "Attilio !!! L’excellent maire de Varese… J’ai parlé avec mes deux ou trois fiancées habituelles de Varese et elles m’en ont dit beaucoup de bien. Attilio est aussi le président de l’assemblée régionale, là les femmes sont toutes moches mais j’ai quand même parlé aux moches et elles aussi m’en ont dit beaucoup de bien."

L’homme que présente Berlusconi porte l’étiquette de la Lega, parti allié du Front National au parlement européen. C’est pourtant l’image du vieux sage modéré que tente de faire passer l’ancien président du conseil dans cette campagne.

"Un peu la même chose que Mussolini"

Francesca milite pour le parti démocrate et regrette que trop de gens se laissent encore manipuler : "C’est un grand communicant, il pense qu’il est très beau, qu’il a du charme. Il est très populiste, c’est un peu la même chose que Mussolini : il connait très bien les défauts des italiens qui sont tout sauf courageux. En Italie il y a une grande ignorance, les gens ne veulent pas se souvenir de ce que Berlusconi a été." 

Berlusconi multiplie les promesses. Suppression de la redevance télé, de la taxe foncière, mise en place d’un impôt unique sur le revenu… Une surenchère dont il est spécialiste, explique Nicolas Pasini, professeur de science politique à l’université de Milan : "C’est un vrai commercial, un vendeur de consensus, dans le sens où il a les méthodes d’un camelot. Après, ça ne l’intéresse pas de savoir si le client est satisfait, ça a toujours été un très bon vendeur, mais jamais un homme d’État. Ça, il n’a pas réussi."

Les promesses de Silvio Berlusconi coûterait à l’État italien autour de 200 milliards d’euros, ce qui fait de lui l’homme le plus généreux de cette campagne.

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