Depuis maintenant quatre ans, l'association Trisomie 21 France oeuvre pour apprendre aux jeunes ayant une trisomie à s’exprimer par eux-mêmes. Le projet "Ma parole doit compter" a été récompensé ce week-end par un prix de la fondation Cognacq Jay. Reportage Hélène Chevallier.

Antoine Fontenit forme d'autres jeunes avec une trisomie à s'exprimer
Antoine Fontenit forme d'autres jeunes avec une trisomie à s'exprimer © Radio France / Hélène Chevallier

Sur scène, Antoine Fontenit est très à l'aise pour recevoir le prix remis par la fondation Cognacq Jay. Ce trentenaire est aujourd’hui devenu formateur en auto représentation. Il aide les autres jeunes ayant comme lui une trisomie 21 à prendre la parole : "C'est une grande fierté de pouvoir monter sur scène et de dire que pour nous c'est très important de pouvoir parler, de pouvoir dire ce que l'on pense et que le grand public puisse sans imprégner".  

Une partie de l'équipe de Trisomie 21 France de bas en haut : Antoine Fontenit, Maud Nonon, Nathanaël Raballand, Philippe Colombe et Camille Reynaud
Une partie de l'équipe de Trisomie 21 France de bas en haut : Antoine Fontenit, Maud Nonon, Nathanaël Raballand, Philippe Colombe et Camille Reynaud © Radio France / Hélène Chevallier

L'enjeu pour les membres de la fédération Trisomie 21 France n'est pas de transformer ces jeunes en des orateurs hors pair comme Antoine mais de leur donner les moyens, la liberté de faire des choix et d’être écoutés explique Philippe Colombe, directeur général de l'association : "J'ai toujours l'image de cet aveugle que l'on aide à traverser la rue et qui dit à la fin : Mais je ne voulais pas traverser. Et bien là c'est exactement la même dynamique." Le but de "Ma parole doit compter" est d'écouter ce que les jeunes avec une trisomie 21 ont envie de faire tout en leur donnant une formation, une éducation pour leur permettre de l'exprimer. 

Qui d'autres qu'eux-mêmes peuvent dire s'ils en sont capables ou pas? - Philippe Colomb, directeur général de l'Association

Une notion déjà bien acquise par Antoine qui n’a pas hésité à tenir tête à sa maman alors qu’il était invité à s’exprimer au siège des Nations Unies à New York. "Elle m'a dit : Il en est hors de question, tu n'y vas pas!", raconte le trentenaire. Le jeune homme a insisté : "je lui ai démontré que c'était mon choix et que ce n'était pas à elle de s'interposer. Mais je peux aussi comprendre que parfois elle a peut-être peur et que c'est à moi de la rassurer. " Pour l'association, c'est maintenant aussi à la société de changer sa façon d’interagir avec les personnes avec une trisomie 21.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.