Maziar a participé activement aux manifestations de 2009 en Iran. Réfugié à Paris, cet opposant suit attentivement les manifestations qui secouent depuis jeudi dernier le régime des mollahs.

Maziar devant son ordinateur : il regarde les vidéos des manifestations en Iran
Maziar devant son ordinateur : il regarde les vidéos des manifestations en Iran © Radio France / Thibault Lefèvre

Des dizaines de vidéos de mauvaise qualité captée pour la plupart la nuit, des manifestants qui demandent la fin de l'ingérence iranienne en Syrie, d'autres qui exigent du pain, du travail et plus de liberté. Le fil d'actualité Facebook de Maziar est un flux continu d'images envoyées d'Iran puis relayées par les réseaux d'opposants exilés.

"Ça m'a réveillé, ça m'a connecté. Je suis très optimiste pour le changement. Cette génération est plus courageuse car elle n'a rien à perdre. Elle réclame le minimum, ce qui peut énerver le régime. J'aimerai retourner en Iran manifester avec eux. Les bases que l'on avait mis il y a huit ans ont bien poussé."  

Les revendications des manifestants ont changé,  l'attitude du régime aussi. En 2009, la contestation concernait essentiellement l'opposition réformatrice. Aujourd'hui, elle pénètre le cœur du pouvoir. Exemple avec un extrait de la télévision iranienne devenu viral. Un présentateur fidèle au régime demande pour la première fois des comptes à ses dirigeants. Dans son viseur : l'économie, la pollution et le prix de l'énergie.

"Ce n'est pas moi qui parle, ce n'est pas quelqu'un qui est dans la rue, c'est la star du régime qui commence à poser des questions.  Il n'est pas du tout engagé ou politisé, il dit poser des questions comme un citoyen ordinaire. C'est déjà une révolution. Le mur est en train de tomber."  

Un mur qui a commencé selon Maziar à vaciller il y a moins de deux mois lors du tremblement de terre survenu à l'ouest du pays : plus de 600 morts, des milliers de blessés et des pouvoirs publics déjà accusés d'inertie.

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