Que mangent donc nos enfants en restauration collective ? Est-ce sain ? Les produits sont-ils frais ou ultra-transformés ? Peut-on se fier aux logos "bio" ou "local", joliment affichés chaque jour sur les menus ? Extrait de l'enquête menée pour le magazine Interception, qui sera diffusé en intégralité ce week-end.

D'où viennent les aliments présents dans les assiettes de vos enfants ?
D'où viennent les aliments présents dans les assiettes de vos enfants ? © Radio France / Julie Pietri

"C'est dégoûtant... c'est à vomir quoi !" ; "Un jour, ils ont fait une omelette avec de la poudre... c'est quoi ces omelettes ! Une omelette ça se fait avec des œufs !" ; "Ils ont même servi des lasagnes moisies dans une autre école". Yann, Naël et Mathilde sont scolarisés à Romainville, en Seine-Saint-Denis. Ici, comme ailleurs en France, les cantines n'ont plus rien à voir avec une cuisine à taille humaine, plats frais et faits maison. Non ici, c'est le Siresco, une structure publique, intercommunale qui prépare massivement près de 40 000 repas par jour. "Souvent, mon fils revient le soir sans avoir rien mangé. Oui, c'est inquiétant" s'agace Amar, le père de Naël. 

Repas industriels... mais pas chers

Lors d'une réunion publique à Romainville en septembre, l'élu François Parrinello, conscient des critiques, tente d'expliquer les choix de la municipalité : des repas industriels certes, mais pas chers. "Il y a 25 à 30% des familles qui ont des coûts quasi zéro au niveau du repas.  Et ça n'est pas non plus négligeable. On ne peut pas balayer ça en disant "je m'en fous, il n'y a qu'à mettre de l'argent, etc". Si on décide de mettre de l'argent, ce sera de l'argent public : on pense que ça coûtera plus cher".  

Nourriture ultra-transformée. Fruits venus de l'autre bout du monde... Dans son enquête, "Le livre noir des cantines scolaires", la journaliste Sandra Franrenet, mère d'un enfant scolarisé à Paris, dénonce l'évolution de la restauration scolaire depuis les années 80 et appelle à la vigilance des parents.  

"Ce qu'il faut, c'est vraiment aller y déjeuner pour voir le goût et la consistance. Moi c'est comme ça que j'ai découvert, déjà, que les repas étaient servis dans des barquettes en plastique. Et surtout, ne pas se laisser embobiner par les affichages de menus et les labels qui figurent dessus. Un jour il y a eu un repas, ils appelaient ça des "allumettes végétales bio", on a pris une photo et ça ressemblait à de la pâtée pour chat. En fait, c'était un plat constitué uniquement d'eau, de glucides, pas de vitamines, pas de minéraux, rien . C'est là que nous avons compris que nous étions face à un problème sanitaire grave. Voilà ce que l'on sert à nos enfants" s'inquiète-t-elle

Qu'il choisisse de gérer directement ses cantines ou de déléguer à une société de restauration collective type Elior ou Sodexo...  C'est l'élu, le maire qui décide de la qualité des produits et de l'argent investi. Et les parents les plus mobilisés l'ont bien en tête, à quelques mois des municipales. 

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