La forêt amazonienne n'est pas seulement menacée par les feux qui ravagent le Brésil, elle l'est également à cause de la ruée vers l'or souvent illégale. Les orpailleurs brésiliens ou surinamais coupent des arbres et creusent la terre à la recherche de pépites. Face à cela, la bataille des militaires est périlleuse.

À Cacao en Guyane, la forêt est dévastée par la ruée vers l’or.
À Cacao en Guyane, la forêt est dévastée par la ruée vers l’or. © Radio France / Célia Quilleret

Sous une pluie diluvienne, les militaires de l'opération Harpie grimpent dans la boue et traversent des ruisseaux sur cette montagne située à Cacao, à 60 kilomètres de Cayenne. Ils viennent de démanteler un site d'orpaillage illégal et tentent de protéger ce bout de forêt. Une mission très périlleuse pour le lieutenant-colonel Villeret de la gendarmerie de Guyane. Selon lui, "1300  missions ont été conduites en forêt en 2018, à grands coups de personnels, de moyens matériels, de sueur et de sang". 

La lutte contre l'orpaillage illégal est acharnée et non sans risque pour les militaires. Trois soldats sont morts en Guyane en juillet lors d'une opération de ce type. Ils s'apprêtaient à disposer des charges explosives pour détruire les installations souterraines des orpailleurs et ils ont été victimes d'émanations toxiques au fond d'une galerie. Les agents de l'office national des forêts, comme Jean-Luc Sibille, voient bien que la forêt guyanaise est éventrée. "On le mesure totalement, les arbres sont coupés pour fabriquer des étais et protéger la mine, et une fois qu'il n'y a plus d'arbres, il y a de l'érosion, la forêt ne peut plus se reconstituer", déplore-t-il.

"500 à 1 000 hectares de forêt disparaissent" chaque année

Et en effet, chaque année, selon Laurent Kelle, du WWF, le fonds mondial pour la nature, "500 à 1 000 hectares de forêt primaire disparaissent et 7 à 10 tonnes de mercure sont déversés dans la forêt et les rivières". Les ONG se mobilisent, tout comme les collectifs citoyens contre l'orpaillage. Or, les premières victimes sont les populations amérindiennes. Pauline Aloïke est une jeune wayana d'un village proche du fleuve Maroni, elle s'oppose à toute activité aurifère, pour préserver sa forêt. "La Guyane est une grande forêt que l'on doit préserver, on en a besoin pour vivre", dit-elle, comme un appel au secours.

Aujourd'hui, selon les militaires, il reste toujours 7 000 orpailleurs illégaux en Guyane. Le phénomène est contenu, mais très difficile à éradiquer totalement.  

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