Depuis plusieurs mois, la vie politique au Brésil est secouée par le scandale de corruption "Lava Jato". Cette semaine, l'ancien gouverneur de l'Etat de Rio est passé aux aveux.

Vous avez acheté par exemple 282 000 reais (80 000 euros) de vêtements tous payés en espèces. Vous pouvez m’expliquer ces types de paiements, qui se répètent à plusieurs fois dans votre accusation ?

Nous sommes au Brésil et l’homme que vous venez d’entendre est le juge Moro, le juge en charge depuis 3 ans du plus grand scandale de corruption de l’Histoire du pays. Les industriels ont avoué avoir versé des pots de vins à tous les grands partis politiques brésiliens depuis au moins 30 ans, via des caisses noires, pour financer les campagnes électorales. Mais certains politiques ont gardé cet argent pour eux comme Sergio Cabral, l’ancien gouverneur de Rio pendant deux mandats, l’homme des grands travaux de la Coupe du monde et des Jeux Olympiques. C’est à lui que le juge Moro demande d’expliquer ces dépenses, car on l’accuse d’avoir organisé le détournement de 50 millions d’euros, un record. Des révélations qui ont choqué alors que l’État de Rio est dans une faillite sans précèdent, à cause justement d’une gestion calamiteuse de ses dirigeants.

Sergio Cabral était obligé d’avouer, au moins un petit peu. En prison depuis 5 mois, amaigri, la tête baissée, Sergio Cabral a dû au moins reconnaître ce que d’autres ont déjà dit avant lui.

Sergio Cabral : Docteur Moro, vous avez entendu ici beaucoup de commentaires sur les caisses noires, sur les excédents des campagnes électorales. C’est un fait. Juge Moro : si Sergio Cabral : C’est une réalité de notre vie politique. Juge Moro : Hum hum Sergio Cabral : Je reconnais cette erreur.

Cabral a cependant nié les plus gros pots de vins sur les chantiers. Comment alors justifier les 3 millions d’euros en bijoux, les lingots et les dépenses extravagantes de sa femme? Car Cabral a entraîné son épouse dans sa chute, partie prenante dans ce trafic selon la justice elle est également derrière les barreaux. Adriana Cabral a aussi dû répondre au même juge Moro.

Juge Moro : Quand par exemple votre mari vous a offert des vêtements pour 57 000 reais (16 000 euros), d’une seule fois, et qu’en tant que fonctionnaire public il ne gagnait pas plus de 20 000 reais (5700 euros) , vous ne lui avez pas demandé s’il pouvait se le permettre ? si ce n’était pas un peu trop ? Adriana Cabral : C’étaient des cadeaux Juge Moro : Mais des cadeaux chers Adriana Cabral : Des cadeaux.On parlait très peu de tout cela et il disait que c’était de l’argent légal, et je l’ai toujours cru, c’était mon mari.

Des arguments qui ne risquent guère de convaincre le juge Moro qui a la main lourde pour condamner. Et il a le soutien en ce sens de la population de Rio qui voudrait voir les époux Cabral longtemps en prison

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.