On connaissait déjà les cours de français, ou les cours de remise à niveau pour les réfugiés diplômés dans leur pays et qui veulent reprendre des études en France. Depuis janvier 2018, l'université Paris-Dauphine propose un programme axé sur la création d'entreprise : le programme Tremplin.

23 réfugiés en ont bénéficié de ces cours de création d'entreprise pendant un semestre
23 réfugiés en ont bénéficié de ces cours de création d'entreprise pendant un semestre © Radio France / Sonia Bourhan

Tremplin a été créé en partenariat avec Wintegreat, une start-up sociale qui a pour mission d'aider les réfugiés à retrouver un parcours d'études ou un parcours professionnel. 

23 réfugiés en ont bénéficié pendant un semestre. Âgés de 20 à 43 ans, majoritairement des hommes, ils viennent aux deux tiers de Syrie, mais aussi du Soudan, du Bangladesh, d'Érythrée, d'Afghanistan et du Sri Lanka. Ils ont suivi des cours de français, d'anglais, des cours de "vivre en France" et une formation sur la création d'entreprise. Certains d'entre eux ont déjà des projets. 

Atifullah Gardezzi est arrivé en France il y a un an et demi. Il a 25 ans, il est afghan et a le niveau bac + 3. En Afghanistan, il travaillait dans le domaine de la finance et des ressources humaines. Grâce à ce programme Tremplin, des étudiants et des professeurs de l'université de Paris Dauphine l'ont aidé à passer un entretien pour décrocher un stage dans le marketing chez L’Oréal. 

Atifullah Gardezzi : "Mon projet futur : je voudrais ouvrir une petite entreprise et maintenant je sais comment faire. J'ai appris beaucoup de choses. L’Oréal m'a choisi pour le stage, c’est très important pour moi. C'est la première étape pour réaliser mon projet."

Pour ces réfugiés, trouver un travail comme salarié est parfois compliqué, et la création d'entreprise peut être une solution.  Encore faut-il se constituer un réseau, comme l'explique Eric Agrikoliansky, qui est professeur de sciences politiques et vice-président de l'université Paris-Dauphine en charge de la responsabilité sociale : "On le sait bien, pour les étudiants français comme pour les autres, il y a la compétence, le diplôme et  il y a le capital social. Le système d’encadrement qui est mis en place à Dauphine leur permet de mieux saisir ces opportunités et de lier des contacts qui ne s'arrêteront pas avec le programme et qui ont vocation à durer sur de longs mois et, j'espère, des années."

Autre originalité de ce programme, en plus des 12 heures de français par semaine, des cours de "vivre en France". Très utiles selon Motawakil Ali, Soudanais de 28 ans, qui a lu beaucoup de livres sur la société française mais qui a bien plus appris ici : "Les cours de vivre en France c’est autre chose. Les profs nous aident beaucoup pour apprendre les situations ici. Par exemple le dernier cours c'était la politique française à partir de la Première République jusqu’à maintenant."

La politique, l'économie, les réfugiés ont bénéficié d'un programme complet. L'année prochaine, certains reprendront des études ou se lanceront dans un projet. Un nouveau départ pour eux.  

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