Par Delphine Simon

Au sujet de l’entrée, l’an prochain, de la Roumanie et de la Bulgarie dans Ll’espace Schengen, voici ce que disait Jean-François Copé, le président de l’UMP, sur France Info le 24 septembre dernier :

La Roumanie et la Bulgarie vont-ils devenir membres de l’espace Schengen au 1er janvier, comme l’affirme Jean-François Copé ?

paris contre l'accès à schengen de la roumanie et de la bulgarie
paris contre l'accès à schengen de la roumanie et de la bulgarie © reuters

Il y a beaucoup de confusion sur ce sujet et à vrai dire, le président de l’UMP se prend un peu les pieds dans le tapis. Tout d’abord, il n’est pas question d’ouvrir l’espace Schengen à ces deux pays. Des discussions existent depuis longtemps au niveau européen, mais « les conditions ne sont pas remplies » a redit très récemment le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

La France n’est pas la seule à se montrer réticente: l’Allemagne y est opposée et les Pays-Bas freinent des quatre fers. Schengen, il faut le rappeler, c’est simplement la fin des frontières intérieures. Du coup, cela oblige les Etats à déléguer la surveillance aux pays situés sur le pourtour de l’Europe.

La France craint que la Bulgarie et la Roumanie soient incapables de veiller sur les frontières, bref, que ce soient des passoires. Et pour surmonter le blocage, en 2011, la France et l’Allemagne ont proposé une adhésion en deux temps : dans un premier temps, seuls les aéroports et les ports seraient ouverts ; dans un second temps, les frontières terrestres et maritimes. Ce compromis n’a jamais été adopté. Les Pays-Bas n’en veulent pas. L’adhésion est repoussée de loin en loin. On en reparlera d’ici la fin de l’année à l’occasion d’un conseil des ministres européens consacré aux affaires intérieures. Mais il est bien sûr qu’il n’y aura, cette fois encore, aucune unanimité sur le sujet. Donc il n’y a aucune chance que la Bulgarie et la Roumanie n’adhèrent à Schengen.

Le grand changement pour les citoyens roumains et bulgares, c’est qu’au 1er janvier, ils vont pouvoir exercer n’importe quel métier en France comme en Europe.

Depuis 2007, depuis l’adhésion de leur pays, certains Etats dont la France, ont demandé une période transitoire pour les intégrer à leur marché du travail. Seuls 291 métiers leur sont ouverts. Les dernières barrières à l’emploi vont tomber, c’est prévu. Le 31 décembre, les Roumains et les Bulgares auront donc accès directement au marché du travail européen.

En fait, ce qui fait peur, c’est la libre circulation des Roms en Europe. Or, cette libre circulation, elle leur est acquise depuis 2007. Les Roms qui viennent majoritairement de Roumanie et de Bulgarie, sont des citoyens européens et à ce titre, ils ont tout à fait le droit de s’installer où ils veulent, à condition bien sûr de pouvoir justifier au bout de 3 mois de conditions ressources suffisantes ou d’un travail. L’entrée -ou pas- de ces deux pays dans l’espace Schengen ne changera donc rien à ce qui se passe aujourd’hui.

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