Contre le Brexit, des centaines de députés britanniques lancent leur version d’En Marche!, avant les prochaines législatives. La première réunion officielle avait lieu ce week-end à Londres sans prévenir les médias britanniques: seuls deux journalistes français y ont assisté, dont le reporter de France Inter.

  Lors des prochaines législatives, contre le Brexit, des centaines britanniques vont lancer un nouveau parti "Renew", inspiré du "En Marche!" français.
Lors des prochaines législatives, contre le Brexit, des centaines britanniques vont lancer un nouveau parti "Renew", inspiré du "En Marche!" français. © Radio France

Lors de cette première réunion, la carte des circonscriptions est scotchée sur le mur, avec les noms des candidats : 222, pour l’instant, et essentiellement  des jeunes.
Parmi eux, Hasseb Ur Rehman est avocat, écoeuré par le Brexit, et déçu par les partis politiques traditionnels :  "Ils ne représentent plus vraiment la volonté du peuple. En fait, on a un jeu de chaises musicales entre les conservateurs et les travaillistes. Alors que là, vous avez un authentique mouvement de la société civile, et je voulais vraiment en faire partie. A mesure que les gens commencent à voir les conséquences du Brexit, on va avoir de plus en plus de soutien".
 

Car les derniers sondages le montrent : les britanniques qui ont voté pour le Brexit sont de plus en plus nombreux à dire qu’il regrettent leur choix. Et c’est à eux que Sandra Khadouri, porte-parole du nouveau parti, veut s’adresser : "On a déjà identifié quelques-uns des problèmes-clé. Et je pense qu’il faut qu’on s’adresse aux laissés-pour-compte, ceux qui ont l’impression que la mondialisation ne leur a rien apporté : leurs salaires n’ont pas augmenté, ils sont inquiets pour leur emploi, pour l’avenir des communautés, du système de santé"

Il y a beaucoup de ressentiment vis-à-vis de Londres, il faut qu’on prenne ça en compte, qu’on aille voir ces gens et qu’on leur demande pourquoi ils sont en colère, et ce qu’on peut faire pour les aider. Qu’on s’excuse de les avoir négligé pendant aussi longtemps

Tournée de reconquête

Et pour aller à la rencontre des électeurs, les militants de Renew calquent leur stratégie sur celle d’Emmanuel Macron. Ils démarrent cette semaine une tournée dans l’ensemble du Royaume-Uni, explique l’un des fondateurs francophone du parti, qui veut rester anonyme : "On suit exactement l’exemple de votre monsieur Macron, c’est-à-dire qu’on va faire le tour de la Grande Bretagne, et on va leur demander des questions. En France, la Première question, c’était ‘qu’est ce qui ne va pas avec la France’, je crois ? Nous on va faire la même chose : "What is wrong with Great Britain ?" (Qu’est ce qui ne va pas avec l’Angleterre ?) Et après ça, on va pouvoir leur expliquer ‘Nous, voila, nous sommes nouveaux. Nous ne sommes ni conservateurs, ni socialistes. Nous sommes au centre, Suivez-nous’!" 

"Suivez-nous. Et financez-nous" : C’est ce qui est écrit sur le site internet du nouveau parti. Reste une difficulté : Renew n’a aujourd’hui aucun chef de file emblématique. Mais pas de panique, explique Hugo Lucas, étudiant et  futur candidat aux circonscriptions de Chelsea et Fulham : 

On trouve que ce que Macron a fait en France est vraiment impressionnant. 

"Mais ce n’est pas pour un leader qu’il faut qu’on se mobilise, poursuit-il, c’est pour faire face aux gros problèmes du pays. Et on démarre à peine, on n’a pas encore choisi de chef de file".
 

En attentant Les militants ont désigné trois représentants, issus des classes moyennes et ouvrières, pour se préparer à d’éventuelles législatives partielles ou anticipées, avant le scrutin prévu en 2020. 

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