Les associations qui viennent en aide aux personnes précaires ont organisé leurs propres réunions afin de pouvoir faire remonter la voix des personnes en situation de vulnérabilité. Ces débats ont rencontré un franc succès.

Une pancarte aux pieds d'un sans-abri, sur laquelle est marqué : "SDF, aidez-nous, merci"
Une pancarte aux pieds d'un sans-abri, sur laquelle est marqué : "SDF, aidez-nous, merci" © Radio France / Nathanael Charbonnier

Dès le début du grand débat, voire même avant pour certaines, les associations d'aide aux plus démunis ont voulu saisir l'occasion de donner la parole aux personnes qu'elles aident. Le Secours catholique a ainsi organisé 150 réunions dans toute la France entre janvier et mi-février, auxquelles 3000 personnes ont participé. Le Samu Social de Paris a de son côté un grand débat le 27 février, mis en place grâce à un comité de pilotage réunissant bénéficiaires et travailleurs sociaux, qui ont préparé en amont les questions. Emmaüs Solidarité, enfin, a réuni 400 personnes le 28 février, dont de nombreux migrants. 

"Beaucoup se reconnaissent dans la révolte des gilets jaunes, mais d'autres nous ont dit ne pas faire partie du mouvement : "On est trop pauvres, on a peur d'être oubliés". Et d'ailleurs ce risque existe, on l'a vu en décembre, lorsque le président de la République a fait des annonces pour les personnes qui travaillent, mais aucune pour les personnes qui vivent des minimas sociaux." Véronique Fayet, président du Secours Catholique Caritas France. 

Contrer les caricatures

Dans les premières esquisses de synthèses de ces débats, la volonté de s'en sortir pour ne plus avoir à dépendre des aides de l'Etat est forte. C'est d'ailleurs ce qui a le plus marqué Bruno Morel, le directeur général d'Emmaüs Solidarité : "Les gens souhaitaient qu'on retire leur image de consuméristes, de personnes qui profiteraient d'un système. Non, ce qu'elles veulent, c'est qu'on les aide à trouver un emploi, un logement, pour devenir de simples citoyens". 

Simplifier l'administration, réduire la TVA sur les produits de première nécessité, permettre aux sans papiers de travailler pour qu'ils soient autonomes, ou encore favoriser l'accès à l'alimentation bio dans les centres d'hébergements d'urgence et le micro-crédit : les propositions sont très nombreuses et variées. Elles doivent être transmises d'ici la mi-mars aux autorités. Les associations espèrent que le contexte social obligera cette fois le gouvernement à les écouter.

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