Aux États-Unis à la veille des élections de mi-mandats, Donald Trump continue d’agiter le chiffon rouge de l’immigration pour conforter sa base. De l’autre côté de la frontière, à Ciudad Juarez au Mexique, on observe ses dernières déclarations avec beaucoup d’attention.

Passage de la frontière mexicaine
Passage de la frontière mexicaine © AFP / JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Gaële Joly nous emmène dans la Maison des migrants où les sans-papiers venus de toute l’Amérique latine attendent de franchir la frontière avec les Etats-Unis. 

Les pieds sont écorchés, le regard fatigué, mais ils sourient enfin après un si long périple. Ici, ils peuvent se reposer quelques jours en sécurité avant de filer sur la frontière à quelques kilomètres de là.

Peu importe si Donald Trump a positionné ses troupes, Mario venu du Guatemala traversera coûte que coûte :

Tous les présidents aux États-Unis disent la même chose : ils ne veulent pas qu’on entre chez eux comme ça. Il faut le faire légalement. Mais étant donné la situation économique de notre pays, on n'a pas le choix que de venir tenter notre chance pour une meilleure vie. Ce qui compte par-dessus tout, c’est l’éducation des enfants et moi je n'ai pas les moyens pour l’instant de leur payer des études

Quand on lui demande s'il va traverser, il répond :

On va voir ce qu’on va faire, mais la situation fait que dans la vie on est amené a prendre des risques démesurés  

Sa brosse à dents a la main, Efraim a atterri ici après avoir été arrêté puis expulsé des Etats-Unis. Il vivait clandestinement dans un petit village de l’Idaho depuis 27 ans, entouré de sa famille. Pour lui, l’arrivée de Trump a profondément modifié le climat :

Nous ne sommes pas des délinquants ou des trafiquants comme le dit Donald Trump. Nous cherchons juste un avenir meilleur et le climat est devenu difficile et encore plus avec ce président qui ne veut pas de nous chez lui. 

Pour Blanca Alicia Rivera, l’administratrice de la Casa de Los Migrantes, faire de l’immigration l’enjeu de ces midterms est une arme politique bien hypocrite :

On sait tous que Trump ne dit rien d’agréable sur la migration et en particulier celle des Mexicains. Mais je crois qu’il n’est pas bien placé pour dire cela. Il se croit affecté par l’arrivée des migrants mais si on prend un peu de recul, on peut dire qu'il vit de la migration. Et si les États-Unis se retrouvaient sans migrants, je ne sais pas comment le pays s’en sortirait économiquement parce qu’on sait tous qu’il y a des millions de migrants aux Etats-Unis. Au Mexique, peu importe les résultats des midterms, l’ONG se concentre surtout sur l’arrivée peut être ici dans quelques semaines de la caravane des migrants.  

Des lits supplémentaires ont été réquisitionnés.

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