De plus en de démissions de maires. Le nombre d'édiles ayant quitté leurs fonction depuis quatre ans est en hausse de 55%. Une hécatombe notamment dans les petites communes.

Philippe Rion en 2013, lors d'un éboulement. Il était à l'époque encore maire de Castillon
Philippe Rion en 2013, lors d'un éboulement. Il était à l'époque encore maire de Castillon © Maxppp / Nice Matin / Eric Dulière

En 2008, Philippe Rion est élu maire de Castillon, 400 habitants sur les hauteurs de Menton. Une première expérience difficile qui ne le décourage pas... 

Il y a quatre ans, il entame un second mandat, Mais faute de ressources financière, il ne peut tenir ses promesses : Philippe Rion ne sauvera ni l'école, ni l'unique bar de la commune. Alors, il y a six mois, il démissionne :

"L'État vous dit 'démerdez-vous' ! Quand ils ont baissé les dotations 1/ l'État a fait des économies et 2/ il sait pertinemment que les élus sont obligés de se retourner sur l'impôt, c'est mécanique, donc c'est un impôt déguisé, on nous a roulés dans la farine. On est une variable d'ajustement. Il y a quelques décennies de ça encore, l'État était au service des communes. C'est fini aujourd'hui ça, il ne joue plus en même camp, pratiquement ils sont contre nous. Faut y croire pour être Maire !"

Comme près de la moitié des communes, Castillon a vu sa dotation globale de fonctionnement baisser. Une contribution de l'état divisée par deux, avec pour conséquence, une augmentation de 20% des impôts locaux. 

Luc Rouban est spécialiste de la fonction publique et directeur de recherche au CEVIPOF : 

"C'est un peu le point d'orgue d'une situation qui se détériorait depuis plusieurs années déjà. La fonction maire devient de plus en plus difficile avec les dernières décision du gouvernement de réduire la dotation globale de fonctionnement, la suppression d'une grande partie des employés aidés, des tensions croissantes au niveau local qui sont liées à la suppression des services publics. Tout cela peut expliquer facilement le fait que bon nombre de maires décident de jeter l'éponge. On assiste à un déséquilibre actuel dans le rapport entre l'État et les collectivités locales, avec ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui une forme de recentralisation financière."

Un déséquilibre qu'il faut corriger, selon le chercheur, en repensant notamment la loi de 1982 sur la décentralisation et en accordant plus d'autonomie fiscale aux collectivités.

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