Élus et éleveurs ariégeois doivent manifester ce mardi devant la préfecture de Toulouse. Ils veulent exprimer leur ras-le-bol : jamais l'ours n'avait fait autant de dégâts dans les Pyrénées.

"Non à l'ours", écrit ici sur une route du Béarn.
"Non à l'ours", écrit ici sur une route du Béarn. © AFP / Laurent Ferrière / Hans Lucas

Dans les Pyrénées, 638 brebis ont été tuées cette année par des ours. C'est quasiment trois fois plus que l'an dernier. Un bilan alourdi par deux dérochements, cet été. Éleveur à Aston, au sud de Foix, Jean-Pierre Mirouze a perdu 187 brebis, tombées de la falaise après avoir été effrayées par le prédateur. 

Ses frères se relaient pourtant jour et nuit de juin à septembre en haut de l'estive, afin de surveiller le troupeau. Mais les mesures de protection ne suffisent pas. "On est anéanti, impuissant. C'est un crève-cœur", lâche-t-il. Lui qui a déjà été victime du même drame il y a 14 ans, il sait que ce sont des années de travail perdues. 

Pour fabriquer un troupeau, il faut compter 10 ou 15 ans, afin de sélectionner les animaux, les habituer à l'exploitation, à l'estive. Cela ne se fait pas comme ça, en un jour. Alors on nous dit qu'on est indemnisé. Mais cet argent là ne remplace jamais les animaux qu'on a fait naître, qu'on a soignés.

Président de la Fédération pastorale de l'Ariège, Alain Servat confirme l'exaspération des éleveurs, alors que les dégâts causés par les ours sont de plus en plus importants. "J'ai peur d'un drame humain. Ils sont à bout, et ils n'ont pas de réponse. Je le dis depuis le début, c'est le retrait de l'ours qui réglera le problème".

Depuis le début des réintroductions en 1996, on estime qu’il y a aujourd’hui une cinquantaine d’ours dans les Pyrénées.

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