La protection américaine de la Corée du Sud gêne les autorités chinoises qui n'hésitent plus à sanctionner Séoul.

Le quartier de Myeong-dong déserté par les Chinois
Le quartier de Myeong-dong déserté par les Chinois © Getty / Wilfred Y Wong

Il n’y a plus de touristes chinois, seulement des Taiwanais et des Hongkongais. J’espère que d’autres étrangers vont venir remplacer les Chinois. Cela m’inquiète… mais je ne peux rien y faire !

Nous sommes à Séoul, dans un quartier de shopping complètement vidé de ses touristes chinois. La Corée du Sud fait face à des sanctions économiques croissantes et à un boycott infligés par la Chine. Mardi, le constructeur sud-coréen Hyundai a annoncé que ses ventes en Chine avaient chuté de 50%. Pékin a même interdit à ses ressortissants tout voyage de groupe en Corée ! Inquiet, Séoul vient de soulever le problème devant l’organisation mondiale du commerce. Derrière la fureur de Pékin : la décision sud-coréenne d’installer sur son territoire un système américain sophistiqué d’interception de missiles. Séoul justifie sa décision la menace nucléaire nord-coréenne mais la Chine s’estime visée, et elle le fait savoir. Reportage à Séoul du correspondant de RFI et France Inter, Frédéric Ojardias.

Nous sommes à Myeongdong, le quartier de shopping préféré des touristes chinois. D’habitude bondés, ses rues et ses magasins sont beaucoup plus calmes. Mme. Park, vendeuse de rue....

Le nombre de touristes chinois s’est effondré. Les Chinois adorent manger mes petits pains à l’œuf : regardez, je n’en vends presque plus ! Tous les restaurants autour visent une clientèle chinoise… et comme vous le voyez, ils sont tous fermés. Je comprends que le bouclier anti-missile américain soit une question de sécurité nationale, mais je souhaite que notre gouvernement cesse de nous négliger et prenne des mesures pour nous aider.

La Corée du Sud est coincée entre son allié militaire américain et la Chine, son premier partenaire commercial. En raison des tensions croissantes dans la région, Washington insiste pour déployer son bouclier antimissile au Sud. Mais ce système est si puissant qu’il permet aussi de surveiller les activités balistiques chinoises ce qui est inacceptable pour Pékin. Go Myong-hun, de l’institut de recherche Asan à Séoul, se veut pourtant rassurant.

Ces sanctions font mal, c’est certain. Mais elles ne visent pas la majeure partie du commerce entre la Chine et la Corée du Sud, c’est-à-dire l’électronique. Car pour fabriquer ses produits destinés à l’exportation, la Chine a besoin des composants sud-coréens ! Bien sûr il y a d’autres moyens de frapper la Corée du Sud, par exemple en visant ses investissements en Chine. Mais cela montrerait au reste du monde qu’investir en Chine est risqué.

Ce bras de fer entre Séoul et Pékin profite… à la Corée du Nord : le régime continue, imperturbable, de développer son programme nucléaire et balistique.

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