Des dizaines de milliers de Palestiniens avaient afflué le 30 mars près de la barrière séparant Israël de Gaza, au 1er jour de "la marche du retour" pour réclamer "le droit au retour" de quelque 700.000 Palestiniens chassés de leurs terres. Des milliers de manifestants sont de nouveau attendus ce vendredi.

Des centaines de pneus, destinés à être enflammés, ont été collectés par des Palestiniens qui veulent aveugler les tireurs d'élite israéliens postés de l'autre côté de la frontière
Des centaines de pneus, destinés à être enflammés, ont été collectés par des Palestiniens qui veulent aveugler les tireurs d'élite israéliens postés de l'autre côté de la frontière © Radio France / Etienne Monin

Les habitants à l’appel du Hamas et des autres groupes politiques devraient se mobiliser à nouveau face à la frontière israélienne pour réclamer l’application, du droit au retour. Le week-end dernier la mobilisation avait fait 20 morts 

Les soldats Israéliens ont également blessés par balle des centaines de personnes. Mais les Gazaouis se disent déterminés à poursuivre leur mouvement qui doit culminer le 15 mai, après le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Près de son pouce, sur sa main droite, Saed a une petite trace de sang qui vient d’un de ses camarades qu’il a porté dans l’ambulance.

On est face à la frontière Israélienne, devant laquelle quelques jeunes Palestiniens courent pour entasser des pneus qu’ils comptent enflammer aujourd’hui pour aveugler les snipers Israéliens : "Il y a beaucoup de pneus et tout n'a pas écore été apporté, d'autres vont arriver, en plus." explique Saed.

Dans cette zone à haut risque, les règles se construisent jour après jour. Les soldats tirent très sporadiquement, y compris sur les motos qui s’approchent un peu trop. "Ils nous visent parce qu'avec nos motos, le premier jour, on faisait de la poussière et ça leur bouchait la vue. Ils visent soit le moteur, soit le réservoir."

Israël a prévenu que les consignes de tirs données à la frontière avec la bande de Gaza le 30 mars resteraient les mêmes
Israël a prévenu que les consignes de tirs données à la frontière avec la bande de Gaza le 30 mars resteraient les mêmes © AFP / Anadolu Agency / Mustafa Hassona

Le bilan de la semaine dernière ne semble pas agir comme un repoussoir

Dans les chambres de l’hôpital Al Shiffa les jeunes blessés ont presque tous été touchés à hauteur des genoux, avec des dégâts important qui s’apparentent à ceux des tirs par balles à fragmentation estime Naïm Al Banna, il est porte-parole. "C'est plus complique de soigner et d'intervenir avec ce genre de balles.". Un diagnostic confirmé par Médecins Sans Frontière.

Les Gazaoui comptent donc se faire entendre à nouveau. Ils font partie d’un mouvement politique ciblé sur l’occupation, dont le carburant vient des difficultés sociales, explique Narimane dont le fils de 15 ans est sur un lit d’hôpital : "On va manifester pour le droit au retour, pour la terre, mais aussi pour le droit à l'électricité, pour l'eau, pour améliorer notre vie, pour les diplômés qui sont chez eux parce qu'ils n'ont pas de travail. Et les ouvriers qui ne travaillent pas et n'ont rien à manger chez eux, comme tout le monde ici"

"On doit utiliser tous les moyens qu'on a : action politique, soulèvement armé ou bien l'action diplomatique" explique l’ancien ministre Ghazi Ahmad
"On doit utiliser tous les moyens qu'on a : action politique, soulèvement armé ou bien l'action diplomatique" explique l’ancien ministre Ghazi Ahmad © Radio France / Etienne Monin

Ce mouvement a été récupéré et alimenté par le Hamas

C’est une sortie de secours à un moment critique pour l’organisation islamique. Un choix de raison, plus de que de conviction. La résistance armée ne disparaît pas pour autant, dit l’ancien ministre Ghazi Ahmad : "On doit utiliser tous les moyens qu'on a. Que ce soit l'action politique, que ce soit le soulèvement armé ou bien l'action diplomatique. La résistance pacifique est très bonne, des fois ça peut donner de bons résultats mais le problème c'est que la communauté internationale regarde et ne fait rien."

Cette appropriation est critiquée à Gaza. Jeudi le Hamas a endossé le coût social de l'opération. Il annonce officiellement qu’il payera pour les blessés et les familles des victimes.

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