Lors du Salon mondial du tatouage le 9 mars dernier à Paris.
Lors du Salon mondial du tatouage le 9 mars dernier à Paris. © MaxPPP

P ratique millénaire, longtemps réservée aux bagnards ou aux voyous en France, le tatouage fait l'objet d'une vaste exposition à partir d'aujourd'hui au Musée du quai Branly à Paris.

Le consultant artistique de l'exposition n'est autre que le célèbre tatoueur de star Tin-Tin :

Nous avons voulu montrer que le tatouage est quelque chose de sérieux et qu'il n'y pas un pays au monde où il n'existe pas depuis toujours.

Pas moins de 300 oeuvres historiques et contemporaines, provenant du monde entier, ont été rassemblées pour cette exposition qui sera visible jusqu'en octobre 2015. La plus ancienne a 4.500 ans : le corps d'Otzi, retrouvé dans les Alpes du Tyrol, orné de 57 tatouages.

L'expo retrace l'évolution de cette pratique et de ses différentes techniques à travers les siècles. On apprend ainsi que le mot "tatouage" est utilisé depuis le 18ème siècle, grâce aux expéditions du capitaine Cook en Polynésie. Là-bas, le terme "tatau" signifie "marquer" ou "inciser".

►►► "Tatoueurs, tatoués" au Musée du quai Branly, du mardi 6 mai 2014 au 18 octobre 2015.

Véritable phénomène de mode aujourd'hui, le tatouage a longtemps traîné une mauvaise réputation, explique Tin-Tin :

Autrefois, il fallait être un peu voyou pour être tatoueur et il a fallu jouer des coudes pour s'imposer dans ce milieu.

Réservé aux bagnards et aux prisonniers, le tatouage était aussi un acte militant. "Des trottoirs aux goulags, le tatouage écrit le vocabulaire crypté d'une population déterminée à braver l'autorité et à s'affirmer en milieu hostile", expliquent les concepteurs de l'exposition.

Moins politisée, l'encre sur la peau connaît depuis les années 1990 un engouement sans précédent. Une étude Ifop révélait ainsi qu'un Français sur dix déjà était tatoué.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.