Le Dossier médical partagé devient réalité en France. Ce carnet de santé numérique va permettre d'héberger toutes les données médicales des patients et permettre une meilleure coordination des soins. Il est déjà expérimenté depuis fin 2016 à Créteil.

Le Dossier médical partagé est généralisé en France a partir de ce mardi
Le Dossier médical partagé est généralisé en France a partir de ce mardi © Radio France / Julien Baldacchino

Depuis plus de dix ans qu'on en parle, le ministère de la Santé et l'Assurance Maladie annoncent enfin, ce mardi, la généralisation en France du Dossier médical partagé (DMP). Ce carnet de santé numérique va pouvoir être consulté par tous les professionnels de santé. Objectif : 40 millions de DMP ouverts d'ici cinq ans. 

Depuis fin 2016, des expérimentations sont déjà menées pour le tester dans neuf départements, et notamment dans le Val-de-Marne. Nous nous sommes rendus dans un accueil de l'Assurance maladie à Créteil pour voir comment ça marche.

Ici, le dispositif est expérimenté depuis décembre 2016. 153 000 assurés du département l'ont déjà adopté (ça représente 13% des assurés du département), et dans les permanences de l'Assurance Maladie, comme à Créteil, les conseillers ne laissent jamais repartir un assuré sans lui avoir proposé d'ouvrir son Dossier médical partagé. Quelques clics et c'est fait, il suffit de donner sa carte vitale et quelques informations personnelles, comme sa date de naissance. Un mot de passe est alors proposé et le dossier est ouvert.

Ouvrir un dossier, ça prend une minute, plus trois minutes pour expliquer son fonctionnement et son utilité à l'assuré.  Ensuite, il a toute sa vie pour le remplir" explique Yann Corat, conseiller à l'Assurance Maladie.

L'ouverture du dossier peut se faire a l'Assurance Maladie, chez un professionnel de santé, ou bien tout seul chez soi. Une fois que le dossier a été créé, on le retrouve facilement sur Internet, on l'ouvre avec son mot de passe et on va ensuite pouvoir y entrer toutes ses informations médicales : comptes rendus de consultation, radios diverses, échographies, scanners, mais aussi mention des allergies ou traitements particuliers.

"Une fois que le dossier est ouvert, le patient ou les professionnels de santé vont pouvoir y insérer au fil des examens et des consultations toutes les informations utiles sur le patient, tout son historique médical" explique Sébastien Pouzio, conseiller informatique auprès de l'Assurance Maladie.

L'objectif du Dossier Médical partagé

D'abord c'est de favoriser le partage d'informations entre les professionnels de santé, car aujourd'hui chacun travaille un peu trop dans son coin, sans mettre en commun les informations. L'hôpital est parfois conduit, par exemple, à prescrire une batterie d'examens que le patient vient de faire chez son médecin de ville. Grâce au DMP, on pourra sans doute réduire les "doublons", qui ne sont pas utiles et coûtent cher, in fine, à l'Assurance Maladie. Pour le patient, ce sera aussi un outil précieux et sécurisant, puisqu'on retrouvera en un clic tout son historique médical.  

Dans le Val de Marne, les assurés à qui on le propose semblent assez réceptifs, même si certains se méfient et redoutent qu'on accède à terme trop facilement à leurs données médicales. De leur coté, les professionnels de santé apprennent à se servir de ce nouvel outil. Joueront ils le jeu ? C'est toute la question car, par le passé, dans les années 2000, plusieurs tentatives de création de ce dossier médical ont échoué.

Précision importante : ce dossier médical, les assurés peuvent le remplir eux-mêmes, et les professionnels n'y auront accès qu'avec leur autorisation. Seule exception : en cas d'urgence, si le patient n'est pas en état de parler ou d'expliquer, un médecin pourra ouvrir le dossier sans y être autorisé. Cette mention "en cas d'urgence" est proposée à l'assuré au moment de son inscription. Il a le choix d'y souscrire, ou pas.  

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.