En France ils sont plus de 8 millions, mais se sentent parfois bien seuls.

Il y a huit millions d’aidants dans tout l’Hexagone
Il y a huit millions d’aidants dans tout l’Hexagone © Getty / PeopleImages

Ces femmes et ces hommes qui consacrent leur vie à s’occuper de leurs proches malades. Un enfant handicapé, un père ou une épouse souffrant d’Alzheimer. Ils investissent du temps, de l’énergie et parfois leur santé. Si des dispositifs d’accompagnement existent, ils ne sont pas toujours bien mis à profit.

Près d’un tiers des aidants vivent la situation comme un fardeau, au point de mettre leur propre santé en danger. Fin 2015, la loi vieillissement crée un droit au répit. Une aide de 500 euros pour permettre aux aidants surmenés de souffler. Mais ses effets se font attendre.

Témoignage

Quand Catherine évoque la maladie de sa mère, elle l’euphémise : « Maman a quelques bugs ». Les premiers bugs se manifestent il y a trois ans, puis le diagnostic tombe : Alzheimer. "Diagnostic très brutal, donné dans un couloir d‘hôpital, par un neurologue qui nous a jeté à la figure à mon frère et à moi que notre mère était sénile et qu’on n’avait qu’une seule solution, la mettre dans une maison de retraite."

Mais la famille choisit le maintien à domicile. A l’aube de la soixantaine, Catherine se retrouve aidante. "Quand je suis entrée dans cet accompagnement auprès de ma maman, je me suis sentie superwoman, en me disant que j’allais arriver à tout faire. On a toute la gestion administrative, financière, tous les papiers. On est aidante du matin au soir, c’est surtout quelque chose qui est encombrant dans l’esprit."

Catherine peut compter sur les auxiliaires de vie qui veillent sur sa mère. Une présence quasiment permanent mais coûteuse. Elle s’estime privilégiée par rapport aux aidants qu’elle fréquente.

On parle de burn-out dans les entreprises, je crois qu’il y a des aidants qui en sont quasi là. Un oubli complet de sa personne. Ces personne- là donnent du temps sans compter et sans se préserver.

Le droit au répit

Près d’un tiers des aidants vivent la situation comme un fardeau, au point de mettre leur propre santé en danger. Fin 2015, la Loi Vieillissement crée un droit au répit : une aide de 500 euros pour permettre aux aidants surmenés de souffler. Mais ces effets se font attendre.

Florence Leduc, présidente de l’Association Nationale des Aidants :

La 1e chose qu’on ne sait pas c’est comment seront sélectionnées les personnes qui vont pouvoir avoir accès au droit au répit. Pour que cette enveloppe soit utilisée, il faut entrer dans les critères mais encore faut-il être informé de la possibilité d’avoir accès à ce droit au répit.

Ce dispositif concerne uniquement les aidants de personnes âgées dépendantes, soit 100 à 200 000 personnes sur plus de 8 millions d’aidants dans tout l’Hexagone.

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