Longtemps protectionniste l'Inde souhaite s'inspirer de ses voisins pour attirer les investissements étrangers et faire véritablement décoller son économie.

Bombay Stock Exchange
Bombay Stock Exchange © AFP / SAM PANTHAKY

Nous sommes à New Delhi et vous venez d’entendre Amair Farooqi un avocat d'affaires qui accompagne les sociétés françaises en Inde. Il a constaté les efforts faits par l'administration pour attirer les investissements dans ce pays en pleine croissance. L'Inde est lancée depuis deux ans dans une opération de conquête des investissements étrangers pour dynamiser son industrie. Jusque-là perçu comme bureaucratique, les investissements ont longtemps été découragés. Ils sont désormais à leur plus haut niveau depuis 8 ans. Au moment où les grandes économies occidentales ferment leurs frontières, les pays émergents comme l'Inde sont les nouveaux champions de la mondialisation libéralisée.

Reportage à New Delhide Sébastien Farcis de RFI pour France Inter.

En juin dernier, le gouvernement indien annonce une série de mesures pour faciliter les investissements étrangers dans trois secteurs : la production pharmaceutique, une partie du commerce de détail et la défense. Ces décisions renforcent la libéralisation du marché national entamée il y a plusieurs années. Aujourd'hui, des étrangers peuvent détenir entre 74 et 100% d'une société locale dans la plupart des secteurs. Amair Farooqi est avocat pour le cabinet Adamas, qui aide à l'implantation d'entreprises françaises en Inde.

Le Premier ministre Narendra Modi a ainsi lancé il y a 2 ans et demi sa politique du Make in India, dont le but est de simplifier les procédures d'investissements, traditionnellement longues et compliquées.

Malgré cela, l'Inde reste bloquée à la 130e place dans le classement de la banque mondiale sur la facilité de faire des affaires, derrière des pays comme le Népal, l'Iran ou le Honduras. Dans cet Etat fédéral, la difficulté est de faire circuler les biens d'un Etat fédéré à un autre. Il est donc judicieux de choisir dans quelle région s'installer, explique Manoj Pant, professeur d'économie à l'université Jawaharlal Nehru.

Les Etats sont devenus de plus en plus importants, car le gouvernement central ne peut pas libéraliser beaucoup plus. Vous allez donc voir davantage de régions impliquées dans l'attrait des investissements étrangers, et même se concurrencer entre elles. C'est là qu'il y a encore de la marge, et c'est donc cela que les investisseurs doivent suivre.

Le dernier grand secteur fermé aux étrangers est le commerce de détail en supermarchés, et un géant comme Carrefour a récemment fermé ses bureaux en Inde après plusieurs années à attendre son ouverture.

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