Par Delphine Simon

Ségolène Royal invitée de C Politique sur France 5
Ségolène Royal invitée de C Politique sur France 5 © Radio France

La France modèle unique en Europe en ce qui concerne la politique familiale. C’est ce qu’affirmait Ségolène Royal dimanche dernier dans l’émission « C Politique » sur France 5.

Nous sommes le seul pays en Europe avec un taux de natalité, avec un nombre de naissances aussi élevé. Et en même temps, le taux d’activité des femmes le plus élevé. C’est-à-dire qu’on a réussi à concilier l’accueil de l’enfant et en même temps, la possibilité pour les femmes de travailler.

La France est le seul pays en Europe où les femmes font autant de bébés tout en conservant une vie professionnelle : vrai ou faux ?

C’est assez vrai, la France dispute à l’Irlande le titre de champion d’Europe de la fécondité. La France est l’un des rares pays d’Europe où le nombre d’enfants par femmes atteint, voire dépasse, 2 enfants. Par comparaison : le taux de fécondité des Allemandes, des Italiennes ou des Espagnoles stagnent autour de 1,4 enfants. C’est assez rare en Europe : non seulement les Françaises vont plus d’enfants, mais en plus elles sont également très nombreuses à avoir une activité professionnelle.

Cela dit, la France n’est pas une exception… Les pays nordiques eux aussi cumulent des taux d’emploi et une fécondité élevés.

- A en croire Ségolène Royal, la crise n’a pas de conséquences sur la fécondité en France. C’est une exception ?

Là aussi Ségolène Royal a raison : depuis le début de la crise, en Europe comme aux Etats-Unis, la fécondité stagne ou recule depuis le début de la crise en 2008. Outre-Atlantique par exemple, l’indice de fécondité a chuté : de plus de 2 enfants par femme en 2007 à 1,9 en 2011. Dans de nombreux pays, les femmes hésitent aujourd’hui à abandonner leur emploi après la naissance d’un enfant. … Pourquoi la France échappe-t-elle à cette « grève » des bébés ? Les politiques familiales ont pu jouer le rôle d’amortisseur : la France y consacre 5 points de sa richesse, l’un des niveaux les plus élevés de l’OCDE. Mais surtout grâce à son offre très développée de services d’accueil et de garde, qui permet aux femmes de travailler à l’extérieur.

Olivier Thevenon , spécialiste de la politique familiale à l’Institut national des études démographiques.

Ce que nos études ont pu mettre en avant, c’est que le facteur principal qui influence les tendances de la fécondité dans les pays de l’OCDE, c’est le développement des services d’accueil pour la petite enfance, c’est-à-dire pour les enfants de moins de 3 ans. Donc de plus en plus, ce qui explique le fait qu’on observe dans certains pays le haut taux d’activité des femmes et d’un haut taux de fécondité, c’est l’investissement qui a été réalisé dans les mois de l’accueil pour permettre cette conciliation entre travail et vie familiale.

Autre raison avancée par les experts : les mentalités. En France, les mères qui travaillent ne sont pas stigmatisées. A l’inverse de l’Allemagne, où elles passent encore souvent pour de « mauvaises mères », des « Raben Mütter » (des mères corbeaux).

Dans une Allemagne des berceaux vides, la France sert d’ailleurs de modèle, alors que le nombre de places en crèches est aujourd’hui au centre de la campagne électorale allemande.

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