Le pape François ne choisit pas ses pays de destination en fonction du nombre de catholiques. La preuve, en Bulgarie et Macédoine, il n'en croisera pas plus de 1% de la population. Et ici, ils doivent cohabiter avec une Eglise orthodoxe particulièrement fermée.

Dans la famille de Yavor, le père est orthodoxe, la mère catholique, comme leur fille, à qui le Pape a donné la première communion à Rakovski, en Bulgarie.
Dans la famille de Yavor, le père est orthodoxe, la mère catholique, comme leur fille, à qui le Pape a donné la première communion à Rakovski, en Bulgarie. © Radio France / Mathilde Imberty

Le pape François a reçu un accueil plutôt froid en Bulgarie, aucun dignitaire religieux n’acceptant pas de partager une cérémonie à ses côtés. Difficile, dans ces conditions, de faire passer son message d’ouverture : religieuse et envers les étrangers.

Ainsi, les uniques orthodoxes bulgares présents à la rencontre d’hier soir à Sofia sont... des enfants. Plus précisément, un chœur d’enfants. Pas un représentant de l’Eglise bulgare n'a fait le déplacement.

Le pape François se retrouve à prôner le dialogue entre croyants en Bulgarie en l’absence de la principale confession du pays. Mais il ne se prive pas de le faire : 

La paix exige et demande que nous fassions du dialogue un chemin, de la collaboration commune notre conduite, de la connaissance réciproque la méthode et le critère.

Déjà dimanche, dans l’imposante cathédrale de Sofia, il avait prié seul.

L’Eglise Bulgare est particulièrement fermée, confirme le Père Daniel Gillier, installé depuis 25 ans dans le pays.

Au plus près des croyants

Le Pape doit parcourir quasiment 200 km hors de la capitale pour recevoir un accueil chaleureux… 

A Rakovski , le fief catholique de Bulgarie, il donne la première communion à 200 enfants. Dont la fille de Yavor. Il est orthodoxe, et sa femme catholique. Il regrette la froideur de son église envers le Pape.

Les Catholiques représentent à peine 1 % de la population. Les vocations manquent. Les prêtres bulgares, comme le Père Nedecho, sont précieux pour l’Eglise. Il reconnaît faire face à une réelle hostilité.

Avec les gens ordinaires, nous n’avons aucun problème. Ça se complique au haut niveau. Dans ma région, le métropolite bulgare est opposé à la foi catholique. Il va jusqu’à dire que nous sommes des hérétiques !

Difficile pour le pape François de prêcher l’unité des Chrétiens. Compliqué également de tenir un discours d’ouverture sur les migrants. Alors que l’Eglise orthodoxe se montre réticente à leur accueil et que le gouvernement conservateur ferme les frontières. Une clôture de barbelés sépare la Turquie de la Bulgarie… toute petite porte d’entrée désormais dans l’Union Européenne.

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