A Pérouse, une expérimentation vise à proposer des travaux d'intérêt général aux réfugiés pour les intégrer dans l'attente de leurs papiers.

L’Italie, en première ligne face à la crise migratoire, muscle sa politique. Le pays accueille aujourd’hui environ 130.000 demandeurs d’asile, 4 fois plus qu’en 2013. Le gouvernement veut accélérer les expulsions mais aussi améliorer la cohabitation entre les Italiens et les demandeurs d’asile en proposant à ces derniers des travaux d’intérêt général. Une des villes-pilote en la matière est la ville de Pérouse. Le reportage de Mathilde IMBERTY

Pérouse compte 170 000 habitants. Et de plus en plus d’Africains. Débarqués en Italie la plupart sans formation ni diplôme. L’adjointe aux affaires sociales Edi Cicchi

Nous sommes passés de 400 demandeurs d’asile il y a deux ans à 1400 aujourd’hui ! Qu’on soit d’accord ou pas, c’est une réalité . Ils sont là. Alors soit on ne gère rien. Soit on fait de leur présence une opportunité !

La capitale de l’Ombrie offre des cours de langue à ces jeunes Africains. Et leur propose de travailler pour la communauté dans des équipes mixtes italo-africaines.

Soko, 23 ans, du Liberia, entretient les espaces verts. Un moyen de remercier la Ville explique-t-il mais aussi de tuer le temps en attendant la réponse à sa demande d’asile... Déposée il y a 1 an.

Ma dernière mission a duré trois mois. Trois heures de travail par jour dans l’entretien des espaces verts. Avant ça, j’ai nettoyé les rues, repeint des bâtiments. Sans jamais être payé. Mais ’accepte ce travail parce que cela m’aidera j’espère à obtenir des papiers.

Les travailleurs sociaux de Pérouse à l’image de Riccardo jugent l’expérience globalement positive

Travailler pour eux c’est un moyen d’éviter la dépression qui peut frapper facilement. Car en dehors du travail, ils n’ont aucun contact avec les Italiens.

Un décret passé mi - février étend à toute l’Italie les travaux dits socialement utiles pour les demandeurs d’asile. Sur base volontaire. Et sans rémunération. Le gouvernement veut ainsi rassurer la population sur la gestion de ces flux migratoires en forte croissance. Soko constate que quand il travaille les Italiens le regardent autrement.

Les gens sont contents quand ils nous voient affairés. L’autre jour je peignais dans la rue et des Italiens m’ont offert des gants pour que je travaille mieux !

D’un côté l’intégration par le travail. De l’autre la fermeté. Les deux piliers du plan italien. Qui vise à raccourcir les délais d’examen des demandes d’asile – passer de 2 ans en moyenne aujourd’hui à 6 mois – et accélérer les expulsions. En créant un centre de rétention dans chaque région d’Italie.

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