Par Delphine Simon

david cameron propose un référendum sur le maintien dans l'ue
david cameron propose un référendum sur le maintien dans l'ue © reuters

Voici ce que disait Laurent Fabius, leministre des Affaires étrangères, au sujet du référendum britannique sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, le 23 janvier sur France Info (interrogé par Raphaëlle Duchemin).

On ne peut pas faire l’Europe à la carte. Ça risque d’être dangereux pour la Grande-Bretagne elle-même, parce que la Grande-Bretagne hors de l’Europe, c’est difficile .

David Cameron va-t-il se brûler les doigts en engageant son pays dans une éventuelle sortie de l’Europe ?

Quel crédit apporter à cette déclaration de Laurent Fabius ?

C’est vrai… en grande partie. Les Britanniques ne sont pas dans l’euro, ni dans Schengen, ils ne participent pas à la coopération judiciaire européenne, mais ils profitent largement du marché unique. 500 millions d’habitants et une zone économique plus vaste que les Etats-Unis et le Japon réunis.

L’économie britannique exporte la moitié de ses biens et services vers l’Union européenne, contre à peine 13% vers les Etats-Unis.

Les services de la City, principale place financière en Europe, tirent de nombreux bénéfices de leur accès simplifié au marché européen.

Enfin, la libre circulation a permis à plus d’un million et demi de Britanniques de s’établir, d’étudier et de travailler dans un autre pays européen.

Bref en pleine crise économique, les Britanniques peuvent-ils se payer le luxe de sortir de l’Europe ? Voilà ce qu’en ditVivien Pertusot, responsable de l’Institut français des relations internationales à Bruxelles.

Le marché unique est bercé par 4 libertés, qui sont la liberté de circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes. De fait, si on sort de ce marché unique, toutes ces libertés disparaissent. Le Royaume-Uni deviendrait un pays comme l’Argentine vis-à-vis de l’Union européenne, c'est-à-dire sans accords commerciaux particuliers. Donc de fait, pour qu’il y ait un régime spécifique entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, il faudrait qu’il y ait de nouveaux accords commerciaux, autrement il y aurait des tarifs qui seraient imposés pour l’exportation et pour l’importation de produits européens. Des tarifs qui n’existent pas aujourd’hui, ou quasiment pas .

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Alors c’est vrai, la Grande-Bretagne n’aurait plus à payer pour la Politique agricole commune ou pour les aides à la pêche.

Une économie de 13 milliards d’euros par an. En cas de sortie de l’Union, le Royaume-Uni a plusieurs alternatives : il peut se tourner vers les 54 pays du Commonwealth ou conclure un accord de libre échange, devenir une sorte de suisse off-shore.

Mais l’Union européenne reste son voisin le plus proche géographique et que pèserait la Grande-Bretagne face à des puissances émergentes comme l’Inde, la Chine ou le Brésil ?

Elle ne pourrait plus s’asseoir non plus à la table européenne ni peser sur des décisions essentielles pour elle comme la lutte contre le réchauffement climatique, sur lesquelles elle est très en pointe.

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