L'Armée républicaine irlandaise est derrière plusieurs attaques à la voiture piégée et a revendiqué le tir contre la police qui a coûté la vie à une journaliste, au mois d'avril. Habitués à se tenir à distance des médias, ces indépendantistes ont accepté d'expliquer leur combat au correspondant de Radio France.

Pour la première fois depuis 20 ans, des groupes paramilitaires républicains se sont réunis dimanche 7 juillet sur la tombe du fondateur du courant indépendantiste irlandais.
Pour la première fois depuis 20 ans, des groupes paramilitaires républicains se sont réunis dimanche 7 juillet sur la tombe du fondateur du courant indépendantiste irlandais. © Radio France / Antoine Giniaux

Béret noir et lunettes fumées : ils sont près de 80 ce dimanche 7 juillet, réunis près de Dublin. Cela faisait 20 ans que les groupes paramilitaires républicains ne s'étaient pas rassemblés autour de la tombe de Wolfe Tone, décédé en 1798 et considéré comme l’initiateur du nationalisme irlandais. Mais cette année, portés par le Brexit, les indépendantistes de l'IRA ont décidé de renouer avec la tradition. Eux qui ne reconnaissent pas les accords de paix signés en 1998 à l’issue d’un conflit qui a fait plus de 3 000 morts, appellent à la reprise de la lutte armée contre le Royaume-Uni.

L'IRA appelle à la reprise de la lutte armée contre le Royaume-Uni.
L'IRA appelle à la reprise de la lutte armée contre le Royaume-Uni. © Radio France / Antoine Giniaux

Uniforme noir et blanc

Ce dimanche, tous arborent une chemise blanche, une cravate et un pantalon noir, des chaussures militaires. Comme les combattants des années 1970. 

"C’est important qu’on voit des gens en uniforme noir et blanc", explique Conrad, 24 ans. C’est l’héritage des gens qui ont sacrifié leur vie pour qu’on soit libre. Si on peut réussir à leur succéder, on peut changer notre destin. Et même si ça veut dire qu’on doit prendre les armes, je le ferai sans hésiter, pour repousser les forces impérialistes de notre pays"

Les indépendantistes de l'IRA ne reconnaissent pas les accords de 1998.
Les indépendantistes de l'IRA ne reconnaissent pas les accords de 1998. © Radio France / Antoine Giniaux

En réalité, les actions violentes sont déjà là. Au mois de juin, le groupe a placé une bombe sous la voiture d’un officier de police. Un peu plus tôt dans l’année, des colis piégés ont été envoyés par la poste à plusieurs centres de recrutement de l’armée britannique. Une journaliste a par ailleurs été tuée par un tir des indépendantistes lors d’affrontements avec des policiers à Derry, en avril. 

Le Brexit contribue à donner de la visibilité au mouvement.

Le mouvement se retrouve de fait porté par le Brexit. "Que la Grande-Bretagne s’écrabouille hors de l’Union européenne en octobre ou qu’il y ait un accord avec Bruxelles, le Brexit est une vraie opportunité", souligne Brian Kenna, chef de Saoradh, vitrine politique du mouvement. 

Car le Brexit souligne le fait qu’il y a une frontière en Irlande. Le gouvernement britannique cherche des solutions, mais ça ne prend pas en compte le fait que les Irlandais devraient eux-mêmes décider de leur avenir.

Le groupe promet de nouvelles actions à l’automne, calquées sur le calendrier du Brexit. 

L'IRA est derrière plusieurs actions violentes ces derniers mois.
L'IRA est derrière plusieurs actions violentes ces derniers mois. © Radio France / Antoine Giniaux
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