En Italie, dans la région de la Calabre, au sud du pays, le meurtre de Soumaila Sacko, un jeune immigré de 29 ans, provoque la colère des travailleurs agricoles.

En Calabre, un manifestant avec le portrait de Soumaila Sacko, réfugié de 29 ans a été abattu alors qu’il allait récupérer dans une décharge de la tôle pour se construire un abri
En Calabre, un manifestant avec le portrait de Soumaila Sacko, réfugié de 29 ans a été abattu alors qu’il allait récupérer dans une décharge de la tôle pour se construire un abri © AFP / Stefano Guidi / CrowdSpark

Ce sont des africains sans aucun droit et sous payés qui ramassent les oranges juteuses de ce réservoir à agrumes de l’Europe, la Calabre. Soumaila Sacko, 29 ans était  l'un de ces travailleurs agricoles. Il a été abattu le week-end dernier alors qu’il allait récupérer dans une décharge de la tôle pour se construire un abri. Il est devenu le symbole d’une catégorie d’immigrés, résidant légalement en Italie, mais exploités par des producteurs peu scrupuleux.

L'exploitation dans les champs et la vie dans un camp

A San Ferdinando en Calabre, la photo du jeune Malien Soumaila est accrochée ici ou là, dans le campement de réfugiés où il vivait. Un terrain insalubre abritant plus de 3 000 hommes africains au plus fort de la saison des oranges. Ibra est sénégalais : "On travaille entre 6h du matin et 6h du soir voire 7h du soir. Ils nous paient 20, 25 euros. La vie ici est dure. On vit dans des baraquements, l’eau arrive au compte-gouttes et il n’y a pas l’électricité"

Après le meurtre de Soulaima ses camarades ont cessé le travail et manifesté. Il a été abattu alors qu’il dérobait dans une usine désaffectée de la tôle pour se construire un toit. Le tireur proche du propriétaire du site a été arrêté… mais la colère ne retombe pas. Mamadou Dia est médiateur culturel pour une ONG : 

Ça leur donne l’impression que, pour plein de gens, la vie d’un africain ne vaut rien. Mais eux sont là pour travailler ! 

Alors que Soumaila était abattu, le ministre de l’intérieur Matteo Salvini, quelques heures plus tard dans un autre contexte déclarait que la belle vie était finie pour les migrants en Italie. Un discours insupportable pour les travailleurs de Calabre , comme l'explique Mamadou : "Désormais quand il s’exprime ainsi, il parle au nom  de l’Italie ! Nous on demande plutôt aux autorités de trouver rapidement des solutions. 

Ce qui se passe ici c’est une honte pour l’Italie…. 

Le Préfet projette de multiplier les contrôles contre ceux qui exploitent les travailleurs. Matteo Salvini, lui, n’a pas prévu de déplacement de ce coté-ci de l’Italie.  

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