En Cisjordanie, le ramadan a lieu à nouveau dans un contexte de crise, liée à un bras de fer avec Israël. L’autorité palestinienne est en grande difficulté économique, alors que l’ONU et l’Europe s’inquiètent de son possible effondrement.

Pour les Palestiniens, cette année encore, le ramadan se déroule dans un contexte de crise
Pour les Palestiniens, cette année encore, le ramadan se déroule dans un contexte de crise © AFP / NurPhoto / FATHI MAJDI

L’autorité palestinienne est en, grande difficulté économique. Depuis 2 mois des mesures drastiques ont été prises pour éviter le naufrage : les salaires sont divisés, et la couverture sociale suspendue.

Chez la famille Jundi, à droite du petit renfoncement qui sert de cage à deux oiseaux, on voit le symbole qui marque le dénuement. Le fils dort dans le canapé a côté des invités dans le salon. Il n’y a pas de place, pas d’argent et plus de couverture sociale. L’autorité  Palestinienne ne verse plus les allocations depuis décembre dernier. La mère de famille, Mouna, vit avec les 100 euros du programme Alimentaire Mondial, devenu le dernier filet social en Palestine :  

"On emprunte de l'argent pour acheter ce dont on a besoin et on tente de rembourser quand on touche les allocations, mais on ne sait jamais quand ça va arriver."

Depuis février maintenant, l’autorité palestinienne ne perçoit plus la TVA et les droits de douanes Palestiniens qui sont collectés par les Israéliens. Les dirigeants font en quelques sorte une grève des revenus pour protester contre une retenue à la source, décidée par le parlement Israélien, pour tenter d’empêcher le soutien financier aux familles de prisonniers Palestiniens. 

Atef Abu said est ministre de la culture : "Pour nous c'est une question de dignité et de moralité. Il y a eu beaucoup d'offres pour trouver une solution, mais on les a toutes rejetées. Pour nous, Israël doit rendre tout l'argent, il n'y a pas d'autres solutions."

Le manque à gagner pour l’autorité palestinienne est considérable. Il représente 65% du budget.  L’Europe cherche un compromis pour sortir de cette crise. Même les Israéliens aujourd’hui semblent redouter un effondrement de l’autorité Palestinienne. Alors que cette affaire illustre l’éclatement du cadre d’Oslo, estime le politologue Ghassan Qatib : "Ce qui est nouveau c'est que les États-Unis ne se sentent plus tenus par les accords d'Oslo, donc on est déjà dans une phase nouvelle et c'est pour cela qu'Israël essaie de changer la nature de l'Autorité palestinienne."

Cette crise de liquidité n’est pas encore catastrophique. En interne ce combat redonne du crédit à la présidence Palestinienne.

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