Il y a trois ans, le 9 janvier 2015, il est autour de 13h quand Amedy Coulibaly entre dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. C'est l’une des pires attaques antisémites que la France ait connu. "L’attentat de trop" pour Benjamin et Sarah, un couple de Pavillon-sous-bois qui a choisi de partir en Israël.

Le 9 janvier 2015 avait lieu l'attaque de l’Hyper cacher de la porte de Vincennes, l’une des pires attaques antisémites survenue en France
Le 9 janvier 2015 avait lieu l'attaque de l’Hyper cacher de la porte de Vincennes, l’une des pires attaques antisémites survenue en France © AFP / WINFRIED ROTHERME

Benjamin voulait déjà partir en Israël, mais sa femme Sarah, par peur notamment de ne pas pouvoir exercer son métier de dentiste, n'était pas si sûre. Jusqu'à ce jour de janvier 2015 : un choc de plus, dit la jeune femme de 26 ans, qui la convainc que c'est le bon choix. Le couple prépare alors ce déménagement, avec leurs deux enfants.

Sarah raconte : _"On s’était fixé le mois de juin pour partir donc il fallait attendre et rester encore en France. Mais les jours qui ont suivi, les mois qui ont suivi, étaient interminables. J’avais peur de faire les courses au magasin cacher à côté de chez moi. Si quelqu’un de louche rentrait dans le magasin, je posais toutes mes courses et je partais en courant."  La décision familiale de partir de France pour s'installer en Israël a suscité des question de son entourage explique Sarah : "Quand j’annonçais à ma famille ou aux étrangers en France qu’on allait faire notre aliyah, ils nous disaient 'mais tu pars dans un pays en guerre !'. Pour rigoler je leur disais 'Quitte à mourir je préfère mourir au soleil'. Nous ici on a toujours été en guerre en Israël, et on est plus ou moins préparés à ça, on a des soldats qui peuvent nous défendre."_

Si Sarah dit ne pas avoir ressenti d’antisémitisme au jour le jour, les choses étaient différentes pour Benjamin qui voulait porter la kippa quotidiennement, un choix pour lui difficilement compatible avec une vie en France : "Je trouve qu’on n'a pas fui, ce n’est pas une fuite. On avait acheté une maison ça faisait un an et demi qu’on était propriétaires d’une belle maison à Pavillon-sous-bois. Ma femme avait son cabinet, franchement elle avait un bon salaire. On avait une voiture. C’était plus une atmosphère pour moi. C'était pesant. Combien de fois on passe dans une zone pavillonnaire, ce n'est même pas des HLM, avec des jeunes qui disent "ici c’est Gaza, t’es pas chez toi", parce que je sortais avec la kippa pour aller à la synagogue. Franchement ça fait peur quoi. En plus quand vous êtes avec le petit.... Et il y en a des milliers et des milliers des situations comme ça."

Après l’attaque de l’hyper cacher le nombre de français qui s'est installé en Israël a augmenté de 10 % pour atteindre 7 000 personnes sur l’année, avant de baisser à nouveau en 2016 et 2017. Mais parmi ceux qui ont fait leur Alyah, tous ne restent pas : si aucun chiffre officiel n’existe, on évalue le nombre de retours entre 10 et 30 %.

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