Les Algériens se rendront aux urnes en mai pour élire leurs nouveaux députés, mais la rumeur d'un possible cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika désespère autant qu'elle résigne.

Bouteflika veut être président à vie. Il a changé la Constitution en 2008. Il a quatre mandats et ses hommes, au pouvoir et dans la presse, parlent du possible cinquième mandat.

Nous sommes à Alger et vous venez d’entendre Nacer Djabi, sociologue algérien qui parle du président Abdelaziz Bouteflika. Depuis son accident vasculaire cérébral en 2013, le président algérien, très affaibli, n’apparait plus qu’à la télévision officielle, et uniquement lorsqu’il reçoit des diplomates étrangers. Mais pour la première fois, le 20 février, les autorités ont du annuler la visite de la chancelière allemande Angela Merkel, officiellement, parce que le Président souffrait d’une bronchite aigüe. Cette extrême fragilité interroge alors que le pays s’apprête à retourner aux urnes en mai pour élire ses députés. Dans ce contexte, comment les Algériens suivent-ils la politique ? Que pensent-ils de l’absence de l’Etat de santé du Président? Reportage à Alger, Leïla Beratto.

Sur les murs des rues du centre-ville, sur les portes des écoles, dans le métro, une campagne de communication veut inciter les passants à s’inscrire sur les listes électorales. Objectif, augmenter le taux de participation lors des élections législatives de mai prochain. Cette enseignante, trentenaire, ira voter.

Je vote, parce que voter, c’est mon droit. Mais je sais que l’élection ne va rien changer. Les députés ne changent rien dans les lois. C’est l’état qui écrit les lois pour qu’elles lui conviennent. Les élections ne vont rien changer dans mon travail ou dans ma vie. Mais c’est mon droit, alors, je défends mon droit, et je vote.

Les problèmes de santé du Président sont régulièrement relatés par la presse. Mais pour ce jeune cadre, qui demande à garder l’anonymat, l’absence d’Abdelaziz Bouteflika ne bloque pas le pays.

En tant que jeune, j’aurais aimé voir mon Président marcher, tenir des rencontres, recevoir des chefs d’états. Mais tous les pays du monde souffrent de certains manquements, certains handicaps. La Tunisie qui a un président très vieux, le Maroc, qui n’a pas de Président. Dans ce contexte international, moi je ne trouve pas ça particulièrement bizarre. L’économie fonctionne, l’administration fonctionne. Ça ne fonctionne pas comme il faut, mais ça fonctionne. On arrive à vivre, à travailler, à créer.

Si le boycott des élections est habituellement important depuis 1999, et l’élection d’Abdelaziz Bouteflika, cette fois, une grande majorité des partis politiques participera aux législatives de mai.

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