Dès la fin du mois d'octobre, plus de 250 000 oeuvres des réserves du musée du Louvre vont commencer à être transférées à Liévin, juste à côté du Louvre-Lens. Un gigantesque centre de conservation a été construit pour accueillir les merveilles du musée parisien, qui sont parfois conservées en zone inondable.

Les réserves du centre de conservation du musée du Louvre comporte notamment de gigantesques grilles horizontales.
Les réserves du centre de conservation du musée du Louvre comporte notamment de gigantesques grilles horizontales. © Joas Souza

L'endroit est impressionnant, telle une gigantesque cathédrale de béton. Près de 10 000 mètres carré de réserves viennent d'ouvrir dans le nouveau centre de conservation du musée du Louvre, à Liévin, dans le Pas-de-Calais. Des réserves très spéciales car adaptées au plus haut point aux oeuvres d'art qui vont y être transférées. "Chaque département d'art a organisé numériquement son espace de réserve, en fonction de la taille et du poids de ses oeuvres", indique Brice Mathieu, directeur délégué du centre de conservation du Louvre. "Après ce travail, nous, on place toutes les étagères à des hauteurs très spécifiques, de sorte à ce qu'elles soient adaptés à l'oeuvre qui leur est attribuée."

Un calibrage capital avant l'arrivée de plus de 250 000 oeuvres du Louvre. "C'est un peu comme quand vous rangez votre bibliothèque chez vous", continue Brice Mathieu. "Après avoir mis tous les livres, soit il reste un espace en trop, soit il n'y en a pas assez pour mettre le dernier livre, et vous devez tout enlever puis recommencer. Nous, on ne peut pas se permettre cela. Le temps de manipulation des oeuvres est beaucoup trop important."

Un grand pôle de recherche

En effet, le temps est plus que compté pour ces trésors souvent inconnus du grand public. Actuellement conservée dans les réserves du palais du Louvre, à Paris, une grande partie de ces oeuvres d'art est stockée dans une zone inondable. En 2016 justement, la Seine est sortie de son lit, et les équipes du Louvre ont dû évacuer une partie des collections dans la hâte. "Même avec la mobilisation de tout le monde, cela n'aurait pas suffi", déplore Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre. "Les grands formats, aux poids très lourds, ne peuvent pas être déplacés rapidement. Si l'eau s'était vraiment infiltrée dans les réserves, nous aurions été obligés d'abandonner toute une partie de collection. En tant que conservateur et directeur d'un musée, c'est inimaginable. On ne peut pas prendre ce risque."

Le centre de conservation de Liévin aura donc pour fonction principale le stockage des oeuvres, mais il constituera aussi un pôle de recherche. Des chercheurs pourront notamment consulter les réserves pour des travaux scientifiques, ou bien pour des expositions. "Et puis surtout, le fait d'assembler des oeuvres qui n'ont jamais été réunies, sur la base de leur nature et du matériau qui les constitue, cela va permettre de faire avancer la connaissance sur les conditions de conservation des oeuvres du Louvre", rajoute Jean-Luc Martinez.

Une connaissance qui sera également partagée avec le grand public puisque, d'ici la fin de l'année, le Louvre aura publié en ligne les photos de plus de la moitié des réserves du musée.

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