C'est un vote historique : les députés britanniques doivent se prononcer sur l’accord négocié par Theresa May avec Bruxelles. Vont-ils le rejeter - et plonger le pays dans une nouvelle crise politique ? Dans le camp des pro-Brexit, les électeurs sont de plus en plus nombreux à douter de leur choix.

En 2016, Viviane a voté pour le Brexit. "Je ne suis plus sûre d'avoir pris la bonne décisiion"
En 2016, Viviane a voté pour le Brexit. "Je ne suis plus sûre d'avoir pris la bonne décisiion" © Radio France / Isabelle Labeyrie

Elle est venue au Marché de Noël humer avec envie les odeurs de sapin coupé et de chocolat chaud. Ancienne caissière à la retraite, Viviane a choisi le Brexit au referendum de 2016. Sans état d’âme. Mais aujourd’hui, elle est perdue : "quand j’ai voté, il y a plein de choses que j'ignorais... le fait qu’on aurait des problèmes pour voyager, ou que des gens risquaient de perdre leur emploi. Je crois que je n'avais pas toutes les données". Coup d'oeil inquiet : "Je ne suis plus sûre d'avoir pris la bonne décision".

A Swansea, le "Leave" l'avait emporté avec 62% des voix. Mais depuis près d'un an, les sondages assurent que les pro-Brexit sont désormais minoritaires. Dans l’ensemble du pays de Galles, d'après l'institut YouGov, en août dernier une quinzaine de circonscriptions avaient basculé du côté du maintien dans l'union. Inaudibles il y a deux ans et demi, les partisans du "Remain" ont peu à peu réinvesti le terrain. Pour débattre, expliquer, convaincre.

Le camp du "Remain"  veut capitaliser sur les déçus du Brexit
Le camp du "Remain" veut capitaliser sur les déçus du Brexit © Radio France / Isabelle Labeyrie

Sur le port de Swansea, malgré le froid, des militants européens enthousiastes brandissent une pancarte : « Vous avez voté pour le Brexit ? Vous doutez ? Venez nous en parler » Pour vendre les bienfaits de l’appartenance à l'union européenne, Paul donne un exemple : l’université. « Il devait y avoir une deuxième phase de travaux pour agrandir le nouveau campus. C’était un gros projet, financé entièrement par la banque européenne d’investissement. Mais si le Brexit a lieu, on ne sera plus éligibles aux fonds européens.Par précaution, tout a été annulé. Et beaucoup de gens se disent que finalement... c’est peut-être mieux de rester dans l’union ».

Un militant européen à Swansea, le 9 décembre 2018.
Un militant européen à Swansea, le 9 décembre 2018. © Radio France / Isabelle Labeyrie

Mais il a fallu du temps pour que les habitants de l'ancien bassin houiller, qui a perdu ses industries et transformé son port en zone de loisirs, acceptent de ne plus voir l'europe comme un bouc émissaire. A Swansea, les fonds européens financent les routes, les immeubles, les infrastructures, mais "les Gallois commencent à peine à s’en rendre compte", assure James McGettrick, de Sawnsea for Europe.

Il a fallu du temps aussi pour défaire les mensonges de la campagne pour le referendum. Dans les quartiers déshérités, à l'est de la ville, on a longtemps voulu croire que le système de santé publique, le NHS, allait recevoir 350 millions de livres par semaine. Avant de réaliser que le secteur s'enfonçait toujours plus dans la crise. 

James McGettrick : "les gens ont changé d'avis sur le Brexit. Il faut un nouveau vote".
James McGettrick : "les gens ont changé d'avis sur le Brexit. Il faut un nouveau vote". © Radio France / Isabelle Labeyrie

« On a du leur expliquer que l’europe n’était pas responsable de tout, ajoute James McGettrick. Que leur niveau de vie, les questions d'immigration ou les prix de l’immobilier dépendaient plus de notre gouvernement que de Bruxelles ! A force, ils ont compris, et ils ont changé d’avis. C’est pour ça qu’on demande un deuxième referendum. Mais _après le vote du parlement,est-ce qu’il y aura des élections ? Un autre vote ? De nouvelles négociations avec Bruxelles ? Je n'en sais rien_... Et personne n'en sait rien ! Ni Theresa May, ni l’opposition... personne » 

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