À l'occasion des commémorations du 11 novembre, des associations pacifistes de France demandent de réexaminer le cas des "fusillés pour l'exemple" de 14-18 : plus de 600 soldats pour lesquelles les familles réclament aujourd'hui une réhabilitation.

Ange Dreneuc, l'un des  639 soldats "fusillés pour l'exemple" de 14-18, pour lesquels la famille demande une réhabilitation posthume
Ange Dreneuc, l'un des 639 soldats "fusillés pour l'exemple" de 14-18, pour lesquels la famille demande une réhabilitation posthume © Radio France / Béatrice Dugué

C'est un autre '11 novembre' que vont célébrer des associations pacifistes de France : leurs militants demandent la réhabilitation des "fusillés pour l'exemple" de 14-18, des soldats"Morts PAR la France", non pas "POUR la France".

En quatre ans de conflit, la justice militaire a eu à traiter les cas de 195.000 soldats. Près de 2500 ont été condamnés à mort, près de 700 ont été passés par les armes, une quarantaine a été officiellement rétablis dans leur honneur après la guerre. 

Dans ces chiffres, restent aujourd'hui 639 soldats "fusillés pour l'exemple", et pour lesquels les familles, les associations d'anciens combattants, ou encore la ligue des droits de l'homme et la Libre Pensée, réclament une réhabilitation. Il y a quelques jours encore la secrétaire d'État auprès du ministre des Armées a repoussé la demande de deux députés (du PC et de la France Insoumise).

L'acte de décès d'Ange Dreneuc, établi par l'Armée, mentionne qu'il a été "tué à l'ennemi" le 11 mai 1915
L'acte de décès d'Ange Dreneuc, établi par l'Armée, mentionne qu'il a été "tué à l'ennemi" le 11 mai 1915 © Radio France / Béatrice Dugué

Solange Hervé Branki ne comprend pas : elle défend chaque année la mémoire de son grand père, un poilu sommairement "abattu pour l'exemple’’. Avant de partir à la guerre, Ange Dreneuc était ouvrier dans une cimenterie de Guerville près de Mantes-la-Ville, où son nom est encore inscrit, aujourd'hui, sur un monument aux Morts. Ange Dreneuc est officiellement tombé le 11 mai 1915 en pleine bataille de l'Artois, près de Roclaincours. D'abord porté disparu, puis officiellement déclaré mort le 9 avril 1921. Mais Solange Hervé Banki sait que la vérité n'est pas si lisse : ce que la famille pressentait, sa maman en a eu confirmation il y a une quarantaine d'années, avec une tante qui lui affirme avoir appris que Ange avait été fusillé. 

Pour Solange Hervé Branki, Ange Dreneuc a donc été sommairement abattu au milieu du carnage, parce qu'il a confié ses états d'âme quelques semaines plus tôt. Dans le petite tas de lettres échangées presque chaque jour avec son épouse, l'une, datée de la fin avril 1915, lui apprend le décès de sa petite fille, victime d'une méningite : c'est le probable élément déclencheur de son insoumission.

Page d'archives du "Journal de marche du 71e régiment d’infanterie" dont Ange Dreneuc faisait partie
Page d'archives du "Journal de marche du 71e régiment d’infanterie" dont Ange Dreneuc faisait partie / Mémoire des Hommes
Autre document de "Mémoire des Hommes", nouvelle page d'archives du "Journal de marche du 71e régiment d’infanterie" dont Ange Dreneuc faisait partie
Autre document de "Mémoire des Hommes", nouvelle page d'archives du "Journal de marche du 71e régiment d’infanterie" dont Ange Dreneuc faisait partie / "Mémoire des Hommes"
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