La crise n'est plus seulement politique à Hong Kong. Après quatre mois de contestation contre le pouvoir local pro-chinois, des manifestations géantes, des actes de violences et aussi du vandalisme, l’économie du territoire semi-autonome de Pékin commence à être sérieusement touchée.

Une manifestation pro-démocratie à Hong Kong. Image d'illustration.
Une manifestation pro-démocratie à Hong Kong. Image d'illustration. © AFP / Eyepress News

L’avion qui nous mène de Pékin à Hong Kong est à moitié vide. Les fameux "malls" de Causeway Bay, le temple du shopping où les touristes se précipitaient il y a encore quelques mois, sont désertés. Selon les dernières données officielles, les ventes de détail, c'est-à-dire dans les commerces, ont chuté de plus de 25 % au mois d’août dans le territoire semi-autonome : ce sont les pires chiffres de la décennie.

En réalité, Hong Kong est sur le point d'entrer en récession, analyse le banquier d'affaire François Perrin. "80 % des touristes à Hong Kong proviennent de Chine continentale. La baisse est de 40 % sur le dernier mois. On estime que la perte de revenus pour l’économie peut s’élever à quatre milliards de dollars, rien que pour la semaine dernière. L’impact économique est réel pour les entreprises", explique-t-il. 

Il n'y a plus beaucoup de gens qui viennent ici en ce moment.

"Il y a beaucoup d'endroits où le business est touché à Hong Kong", s'inquiète Rose. Moins d'argent dépensé dans les boutiques, dans les hôtels et aussi les restaurants , le sien est situé près du siège du gouvernement local, où ont lieu les manifestations : "Il n y a plus beaucoup de gens qui viennent ici en ce moment. Nous sommes très inquiets parce que si le restaurant ferme, on va perdre notre travail."

Elle explique avoir dû fermer tôt un jour, "parce qu’il n'y avait personne et rien à faire". "Le lendemain, on a vu que notre façade avait été vandalisée, ils avaient écrit sur la porte et arraché des morceaux du mur", poursuit-elle.

Depuis cet été, la grande place financière accuse un ralentissement de ses transactions, résultat de la crise et des incertitudes de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Des transferts de fonds privés de Hong Kong vers Singapour sont aussi enregistrés. "Je ne vois pas de lumière au bout du tunnel", s’alarme et conclut un homme d’affaire hongkongais.

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