Alors que de plus en plus de jeunes inhalent régulièrement du protoxyde d'azote, un gaz utilisé en cuisine pour fabriquer notamment la crème chantilly, pour ses effets hilarants, des maires dénoncent ses effets nocifs. Comme d'autres, le maire de Pont Saint-Maxence (Oise) en a interdit la vente aux mineurs.

Bouteilles usagées qui contenaient du protoxyde d'azote, un gaz utilisé en cuisine pour fabriquer notamment la crème chantilly
Bouteilles usagées qui contenaient du protoxyde d'azote, un gaz utilisé en cuisine pour fabriquer notamment la crème chantilly © Getty / Richard Baker

C'est devenu la nouvelle substance très prisée des adolescents et des jeunes mineurs : le "proto" pour "protoxyde d'azote". Ce gaz, utilisé en cuisine, par exemple pour les bombes de crème chantilly, est aussi un anesthésiant, utilisé en médecine d'urgence, notamment, qui provoque, lors de l'inhalation, un effet euphorisant et d'hilarité. Depuis quelques années, son usage est donc détourné par des jeunes qui l'inhalent dans un but récréatif.

A Pont Saint-Maxence, le maire, Arnaud Dumontier a découvert le phénomène cet été. Il patrouillait de nuit avec sa police municipale, quand il a découvert un groupe de jeunes, en lisière de forêt. "Ils sont en train d’inhaler, avec des ballons de baudruche, du protoxyde d'azote, dans un état d'hilarité absolu" raconte le maire à France Inter.

"Ce n'est pas fait pour ça mais rien n'interdit de détourner l'usage" reconnaît Stéphane Wastraet, le chef adjoint de la police municipale, qui retrouve depuis plusieurs mois des cartouches vides dans plusieurs points de la ville de 13 000 habitants.

Des effets hallucinogènes, hilarants

Alors, à l'instar d'autres maires, comme ceux de Nîmes ou d'Aulnay-sous-Bois, le maire de Pont Saint-Maxence a pris un arrêté le 23 août, qui interdit la vente du gaz aux mineurs.

Dans le centre-ville, aucun adolescent ne reconnaît avoir déjà consommé, mais tous connaissent les usages. "C'est fort, comme des hallucinations, je ne voyais plus rien, j'avais l'impression d'être sur un toboggan" raconte Maxime. "C'est comme si ça te sonnait, et tu rigoles tout seul, pendant 30 secondes" confie un autre.

Un arrêté pour alerter sur les dangers du gaz

Le maire reconnaît que, pour eux, l'interdiction peut être inefficace. "Sur les réseaux sociaux, ça se revend, je sais où m'en procurer, mais je n'en veux pas" confie Maxime. Certains achètent en gros et revendent à l'unité, expliquent les adolescents. Mais Arnaud Dumontier ne voulait pas rester sans rien faire. 

Il a aussi écrit à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, pour demander une meilleure signalétique sur les emballages de protoxyde d'azote. "C'est une substance particulièrement nocive, qui peut agir sur le système respiratoire, cardiaque, neurologique, c'est à des fins pédagogiques que j'ai pris cette décision" explique-t-il, pour dénoncer les effets sur la santé de l'inhalation du gaz.

A Pont Sainte-Maxence, un arrêté intedit la vente de protoxyde d'azote aux mineurs
A Pont Sainte-Maxence, un arrêté intedit la vente de protoxyde d'azote aux mineurs © Radio France / Rémi Brancato
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