Un sommet climat en Pologne, au pays du charbon. Beaucoup de participants à la Cop24 ont déjà du mal à le digérer car le charbon est l'énergie qui émet le plus de CO2. Alors quand les États-Unis organisent une conférence en marge des négociations pour promouvoir les énergies fossiles, les ONG crient à la provocation.

 "Que voulons nous ? La justice climatique" Manifestation des militants après avoir été expulsés de la la conférence sur le climat.
"Que voulons nous ? La justice climatique" Manifestation des militants après avoir été expulsés de la la conférence sur le climat. © Radio France / Sandy Dauphin

Manifestation bruyante hier dans les couloirs de la COP24. Les organisateurs américains avaient pourtant choisi un titre de conférence passe-partout : "Les innovations technologiques et le développement économique". Le discours est une défense de la position de Donald Trump sur le climat, sur l'accord de Paris et sur la nécessité des énergies fossiles.

Mais au bout de 10 minutes, l'intervenant est stoppé net alors qu'il explique qu'il est "évident que l'innovation technologique et les énergies fossiles vont continuer de jouer un rôle majeur". Des manifestants se lèvent et rient bruyamment. Ils finissent pas être évacués de la salle.

Au cri de "justice climatique" et "honte sur vous", ils poursuivent leur manifestation devant la salle de conférence. 

"Laissez les énergies fossiles dans le sol", disent les manifestants. Parmi eux, Viktor un militant français : "On sait que pour rester sous la barre des 2°C il faut laisser 80% des énergies fossiles dans le sol. Or les Américains continuent d'investir dans le charbon dit propre. On pense que ce n'est absolument pas possible et on sera là partout pour s'y opposer. Ici à la COP et partout dans le monde".

Au sommet climat, les États-Unis ne sont pas les seuls à dire pas "touche à mon charbon". En Pologne 80% de l'électricité est produite par l'or noir. Varsovie prévoit toujours 60% de charbon dans son mix énergétique en 2030.  

Patryck Bialas est membre d'une association polonaise de défense de l'environnement et conseiller municipal d'opposition à Katowice : "Dans son discours inaugural, le président polonais Andrzej Duda a dit 'ça ne nous  intéresse pas de fermer des mines de charbon. Nous aurons des emplois dans le secteur minier pour encore 200 ans. À mon avis, c'est un très mauvais message." 

Le charbon propre, ce militant polonais n'y croit pas. Sur les 50 villes les plus polluées en Europe, 33 sont situées en Pologne.

A Katowice même, vivre équivaut à fumer passivement 2 500 cigarettes par an, estime l'Organisation mondiale de la santé. Les hôpitaux et les médecins de la ville s’inquiètent de voir augmenter les cas de pneumonies, de crises cardiaques et d'accidents vasculaires cérébraux. En cause, notamment, les vieilles chaudières à charbon installées dans les maisons.

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