Aujourd'hui, un simple bachelier peut devenir après deux entretiens, Accompagnant d'enfants en situation de handicap (AESH) à l'école. Alors que le ministre de l'Éducation nationale reçoit ce lundi un rapport sur l'école inclusive, les proches d'élèves autistes râlent contre le manque de formation.

Les AESH souffrent d'un manque de formation pour s'occuper d'enfants handicapés.
Les AESH souffrent d'un manque de formation pour s'occuper d'enfants handicapés. © Maxppp / Photo Sami Belloumi / MaxPPP

C'est l'un des points sensibles sur lequel pourrait revenir ce lundi Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale : le manque de formation des Accompagnants d'enfants en situation de handicap (AESH). Début février, les professionnels ont lancé un mouvement de grève nationale pour réclamer notamment une formation adéquate.

Ce vœu est partagé par les familles des élèves accompagnés, en particulier les parents d'enfants autistes. Véronique a scolarisé l'année dernière son fils Nathan. Le garçon, atteint de graves troubles comportementaux, a passé son année de CP seul à jouer dans la classe d'à côté. 

Son accompagnante était dépassée par ses symptômes, raconte la maman : "Le fait de ne pas avoir de formation et de se retrouver face à un enfant en difficulté, ça a entraîné une part de rejet"

Pallier soi-même le manque de compétences

"Elle ne connaissait rien à l'autisme, s'énerve Véronique. Elle a découvert, je pense, le handicap de Nathan le jour de la rentrée. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas d'accompagnement et de formation pour ces personnes"

Pourtant, il existe déjà 60 heures de formation initiales au moment de l'embauche mais il faut aller plus loin estime Cécile, AESH dans l'académie de Paris : "C'est une base intéressante mais pas suffisante pour accompagner correctement l'enfant. Il faut un plan de formation sur les spécificités des enfants à accompagner"

Jean-Michel Blanquer a annoncé récemment la mise en place de 60 heures de formation annuelles cette fois. Cela reste malgré tout en dessous des attentes de Catherine Pasquier. Maman d'un enfant autiste, elle a formé elle-même l'accompagnante de son garçon "pendant six mois". Elle a par la suite décidé de pallier ce défaut de connaissances grâce à son association Écoute Parents Enfants Autistes à Argenteuil : "L'année dernière, nous avons formé 15 AESH avec 21 heures de formation sur ce qu'est un enfant autiste et comment l'accompagner".

S'ajoute également le manque de personnel. En France, il y a 43.000 AESH pour 175.000 élèves. 

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