Face au réchauffement climatique, les pays en voie de développement ont besoin d'argent pour "sauter l'étape pollution". De l'argent qui peut par exemple servir à produire de l'électricité verte, comme au Sénégal, où nous emmène Rosalie Lafarge.

Avec déjà 4 centrales solaires, le Sénégal est en passe d'atteindre l'objectif qu'il s'est fixé à l'issue de la COP 21 : avoir 20 % d'énergies renouvelables dans son mix énergétique cette année.
Avec déjà 4 centrales solaires, le Sénégal est en passe d'atteindre l'objectif qu'il s'est fixé à l'issue de la COP 21 : avoir 20 % d'énergies renouvelables dans son mix énergétique cette année. © Radio France / Rosalie Lafarge

Des rangées interminables de panneaux solaires : 90 000 panneaux s'étalent sur plus de 60 hectares de terres jusqu'ici agricoles autour de la centrale de Senthiou Mekhé, selon un projet qui associe aussi les agriculteurs locaux. "Bien sûr, nous avons sacrifié des hectares de manioc, reconnaît Massamba Gueï, le représentant des populations qui vivent autour de la centrale, mais nous ne sommes pas mécontents car cela va relever un défi national, et chaque hectare a été indemnisé". 

Les propriétaires des terres ont donc été indemnisés puis associés au projet : "tous les panneaux solaires installés à Senthiou Mekhé ont été montés par des villageois" assure Karim Ndiaye, le directeur des investissements de Méridiam, le promoteur de cette centrale financée à 80% par Proparco, filiale de l'Agence Française de Développement

Sa puissance installée atteint 30 MW, cela permet d'alimenter l'équivalent de plus de 250.000 ménages et cela représente 34.000 tonnes de CO2 économisées chaque année 

L'enjeu est évidemment de sécuriser la production d'électricité, de faire baisser son prix, mais surtout d'en faire profiter ceux qui ne l'ont pas encore : en zone rurale au Sénégal, un habitant sur quatre seulement a accès à l'électricité. Serin Mor Ning en fait partie. 

Cela change tout, on peut avoir des frigos et donc de l'eau fraîche, on peut aussi avoir la télé

En attendant d'avoir l'électricité, certains foyers bénéficient de kits solaires

La maison de Saïna Boun Diaie n'est pas encore raccordée au réseau national. Mais en attendant, elle a reçu un kit solaire : un panneau solaire (relié à une batterie) fait briller une ampoule chez cette mère de famille le soir. 

Maintenant les enfants peuvent étudier le soir, faire leurs devoirs. Ce n'était pas le cas avant. Et puis on voit où on met les pieds, ça relance la vie du village

Mais si le virage solaire semble avoir été pris par le Sénégal, le 100% renouvelable n'est pas non plus pour demain reconnaît Stéphanie Mouen, chargée de projet énergie à l'AFD de Dakar. "La stratégie, c'est de soutenir les énergies renouvelables, mais on ne change pas un mix énergétique à 90% fossile du jour au lendemain. L'opérateur public a des centrales thermiques donc l'objectif de l'AFD est d'accompagner vers le changement, ce qui peut être de financer la conversion de centrales thermiques au fioul en centrales thermiques au gaz par exemple". 

On peut imaginer que ce n'est pas suffisant, mais c'est une transition énergétique, ça va prendre du temps. Et un pays comme le Sénégal, qui vient de faire des découvertes gazières, va utiliser le gaz

Avec déjà quatre centrales solaires en activité, bientôt cinq, le Sénégal est en passe d'atteindre l'objectif qu'il s'est fixé à l'issue de la Cop 21 : avoir 20% d'énergies renouvelables dans son mix énergétique, d'ici la fin de l'année.

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