Cet ex comparse du terroriste Carlos, dont le procès s'ouvre ce lundi 13 mars devant la cour d'assises spéciale de Paris, va venir témoigner

Hans-Joachim Klein, ancien membre des Cellules révolutionnaires allemandes et ex comparse du terroriste Carlos
Hans-Joachim Klein, ancien membre des Cellules révolutionnaires allemandes et ex comparse du terroriste Carlos © Corinne Audouin

Il s'appelle Hans-Joachim Klein. Cet ancien membre des Cellules révolutionnaires allemandes vit désormais en Normandie. Il va venir témoigner au procès qui s'ouvre ce lundi 13 mars devant la cour d'assises spéciale de Paris. Déjà condamné deux fois à perpétuité, Carlos est jugé pour l'attentat du Drugstore St Germain, qui avait fait deux morts et 34 blessés le 15 septembre 1974.

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Hans Joachim Klein ne connaissait pas encore Carlos au moment de l'attentat du Drugstore, en septembre 74. Ce qu'il raconte, c'est Carlos lui-même qui le lui a confié. Au moment de l'attentat, une prise d'otages est en cours à l'ambassade de France de La Haye, aux Pays-Bas. Des membres de l'armée rouge japonaise exigent la libération d'un de leurs camarades, arrêté en France. Mais les négociations s'enlisent. Carlos, membre du Front de libération de la Palestine (FPLP), allié avec les japonais, décide alors d'agir. C'est ce qu'il a raconté à Hans-Joachim Klein.

"Carlos a jeté une grenade dans le Drugstore. Il y avait des blessés, des morts. Et il a déposé des emballages vides de grenades dans une consigne, dans une gare. Il a téléphoné à France Soir pour dire qu’il allait jeter des grenades dans les cinémas et théâtres à Paris s’ils ne libéraient pas le Japonais. Et ils ont libéré le Japonais. C’est lui qui me l’a raconté. Je n’en sais pas plus, j’ai aucune preuve".

Hans-Joachim Klein n'embellit rien : "Je ne dirai jamais que je suis un ‘révolutionnaire professionnel’. Je suis un ancien terroriste, point final".
Hans-Joachim Klein n'embellit rien : "Je ne dirai jamais que je suis un ‘révolutionnaire professionnel’. Je suis un ancien terroriste, point final". © Radio France / Corinne Audouin

Hans Joachim Klein a participé avec Carlos à la prise d'otage des ministres de l'OPEP, à Vienne en 75

Pour cela, il a purgé cinq ans de prison en Allemagne. Aujourd'hui, le portrait qu'il dresse d'Illich Ramirez Sanchez, qui se présente toujours comme révolutionnaire professionnel, est sans concession : "avec mon histoire, je ne dirai jamais que je suis un ‘révolutionnaire professionnel’. Je suis un ancien terroriste, point final. Faut pas nier ces saloperies qu’on a faites. Lui, il est fier ! Son niveau politique c’était : ‘how much’? Une bombe dans le centre culturel à Berlin ? How much. Combien… Ce qui l’intéressait ? Les nanas, picoler, fumer des havanes, et du pognon. Il était jamais révolutionnaire, c’est un mercenaire, c’est tout."

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Hans-Joachim Klein est le fils d'un ancien nazi et d'une femme déportée à Ravensbrük, qui s'est suicidée un an après sa naissance. Ce passé très lourd irrigue son besoin de parler, de témoigner de ses propres erreurs. Ce sera la troisième fois qu'il vient déposer dans un tribunal contre Carlos, suscitant à chaque fois sa colère."Il gueule contre moi, je l’écoute même pas. Pas une seule fois je l’ai regardé. Il me traite de tous les noms, de traître, il faut l’exécuter… Je ne fais pas attention. A une époque, j’avais la trouille, mais c’est fini. Parce que sinon, on devient fou".

Après ces témoignages devant la cour d’assises, Hans-Joachim Klein a reçu des menaces de mort, qu'il a jetées à la poubelle. Il viendra, à nouveau, à la demande de la justice. Avant de retourner à sa vie, le travail à la ferme d’un ami, et la participation à la vie du village qui l'a adopté malgré son passé.

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