Sous état d'urgence depuis bientôt un an, la Tunisie s'inquiète d'un possible retour des djihadistes de Syrte.

Nous sommes en Tunisie et vous venez d’entendre Ali Zeddini le vice-président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme. En effet, la Tunisie vit sous état d’urgence continu depuis l’attentat du 24 novembre dernier contre un bus de la garde présidentielle à Tunis. Il faut ajouter à cela d’autres périodes d’exception récentes, par exemple après l’attentat du musée du Bardo et celui de la plage de Sousse l’année dernière. L’état d’urgence arrive à expiration la semaine prochaine mais il devrait être reconduit tant le retour de djihadistes suite à l’offensive à Syrte en Libye est à craindre. En attendant, des manifestations ont lieu, comme celle que vous entendez, et l’état d’urgence est appliqué à la carte, et devient la norme.

A Tunis, le reportage de Justine Fontaine.

Pour plusieurs observateurs des libertés publiques en Tunisie, l’état d’urgence s’est banalisé, et il n’est pas, aujourd’hui, synonyme de recul de l’Etat de droit en Tunisie. Ali Zeddini est vice-président de la ligue tunisienne des droits de l’homme :

Depuis la révolution de 2011, les Tunisiens ont passé la majorité de leur temps sous état d’urgence. Ces derniers mois, les dépassements directement liés à cet état d’exception ont surtout eu lieu pendant des périodes de couvre-feu, par exemple juste après l’attentat de novembre dernier à Tunis, comme l’explique Zied Dabbar, membre du syndicat des journalistes tunisiens :

Malgré tout, la plupart des Tunisiens, et la coalition gouvernementale considèrent que c’est un outil légitime pour combattre le terrorisme. Abada Kefi, président de la commission des droits et libertés à l’assemblée tunisienne :

Depuis l’adoption de la Constitution tunisienne en 2014, la cour de justice chargée de contrôler l’état d’urgence n’a toujours pas été mise en place. Et ne peut donc pas être saisie pour dire si oui ou non le maintien de l’état d’exception est justifié.

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