Élodie, mère de deux jeunes filles de 3 et 6 ans, victime de violences conjugales, a réussi à faire partir son conjoint du domicile mais se retrouve aujourd'hui menacée d'expulsion de son logement HLM à la Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine, après la plainte de plusieurs voisins excédés par les scènes de ménage.

La petite résidence HLM de trois bâtiments dans un quartier cossu de La Garenne-Colombes où habite Elodie et ses deux enfants de six et trois ans
La petite résidence HLM de trois bâtiments dans un quartier cossu de La Garenne-Colombes où habite Elodie et ses deux enfants de six et trois ans © Radio France / Emmanuel Leclère

C'est une petite résidence HLM de trois bâtiments, dans un quartier cossu de la Garenne-Colombes. Il n'y avait pas grand monde sur place lundi après-midi, juste cette femme qui ne connaissait rien de cette histoire de voisine battue : "J'habite le bâtiment d'à côté, on entendait rien, je les connaissais elle, son mari et les deux petites filles, mais c'était juste "bonjour bonsoir', dans cette résidence pourtant très calme". À peine le temps pour cette femme de dire qu'elle venait de découvrir, stupéfaite, l'histoire dans le journal le Parisien, qu'Elodie arrive dans le hall. Elle lui souhaite bon courage avant de s'éclipser.

Certains voisins avaient même signé une pétition

En remontant les escaliers vers son appartement, Élodie raconte que c'est bien la première fois depuis son arrivée, il y a deux ans, qu'elle entend le soutien d'une voisine. Jusque-là, c'est la gardienne qui la prévenait des plaintes liées aux disputes conjugales. "Dans le bâtiment au fond de la cour, une dizaine de voisins avaient signé une pétition pour se plaindre des cris. Mais aucun d'entre eux n'est venu me voir un jour pour me demander ce qui se passait". Il y a même eu la police, à plusieurs reprises, jusqu'aux premières claques en mars dernier puis à nouveau en mai. 

Là, Elodie finit par porter plainte et réclame un autre logement à son bailleur social pour elle et ses deux petites filles.

Entre temps, le conjoint a quitté le foyer mais la seule nouvelle du bailleur social 3F, c'est un avis d'expulsion reçu au début de l'été pour le 12 septembre prochain ! Il aura visiblement fallu l'article du Parisien de lundi pour recevoir enfin un coup de fil en début d'après-midi. "3F me propose un F3 de 50 m2 à Colombes, ben oui je vais aller voir !"

Le groupe 3F n'a pas souhaité s'exprimer au micro mais nous a fait savoir que le nouveau logement proposé à proximité est à moitié prix et correspond à la nouvelle situation d'Elodie et que la mesure d'expulsion concerne le mari qui est cosignataire du bail, tout en protégeant Elodie en la relogeant "prioritairement".

Une proposition pourtant bien tardive pour Maître Migueline Rosset, l'avocate d'Elodie, spécialiste des violences faites aux femmes et qui n'avait jamais vu une telle situation de double peine avec un bailleur social.

L'espoir d'un logement à la rentrée et d'un travail 

Elodie, qui a 37 ans, espère donc bénéficier d'un logement pour elle et ses deux petites filles à la rentrée, mais également un travail. Blessée à la main lors d'une chute il y a deux ans, elle se bat pour retrouver l'usage de sa main gauche. Un handicap qui désormais ne devrait pas l'empêcher de retravailler. "Une amie m'a appelé pour me dire que la boulangerie de son quartier cherchait quelqu'un, je vais aller voir ! Peut-être que j'aurai un travail à la rentrée"… 

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