Les chefs de gouvernement des 27 ont rendez-vous à Bruxelles, pour valider –entre aujourd’hui et demain - un premier accord. Le texte reprend les dispositions validées la semaine dernière par les négociateurs du Royaume Uni et de l’Union Européenne.

Il prévoit le règlement de la facture du divorce par le gouvernement de Londres, des dispositions pour aider les expatriés à demander la nationalité britannique. Il précise aussi ce que sera l’avenir de l’Irlande. Un avenir sans frontière entre le Sud – qui continuera à faire partie de l’Union Européenne, et le Nord qui n’en fera plus partie. C’est écrit noir sur blanc et sur place, cela rassure un peu les entrepreneurs.

Antoine Giniaux s'est rendu à Londonderry, à la frontière entre les deux Irlandes.

George Flemming dirige une usine de matériel agricole. Sa plus grande peur, c’est le retour des barbelés et des douaniers. Ses ouvriers viennent du nord comme du sud de l'Ile. Pour lui, c’était vital, il fallait que Londres promette de ne pas reconstruire de frontière :

On fait 30 % de notre chiffre d’affaires avec la République d’Irlande. Alors pendant toute l’année qui vient de passer, on était dans une incertitude terrible. Mais on est vraiment content que l’Union Européenne et le Royaume-Uni aient trouvé un accord. C’est vrai, il y aura peut être un formulaire supplémentaire à remplir, européenne mais ça ne sera sans doute pas trop compliqué.

Cet optimisme, les républicains, indépendantistes sont pourtant loin de le partager. Peadar Whelan est un ancien combattant de l’IRA il a passé 16 ans en prison, il milite maintenant pour le processus de paix. Pour lui , le gouvernement britannique n’a rien résolu : 

Je ne crois pas ce qu’ils disent ! L’une des raisons pour lesquelles il y a eu le Brexit, c’est l’immigration. Alors s’ils veulent limiter la liberté de mouvement des gens, il faudra bien qu’il y ait une frontière. Et puis il pourrait aussi y avoir un effet sur le financement des programmes transfrontaliers par l'Europe, sur les services de santé.  

Face à ces interrogations, les unionistes du DUP, alliés du gouvernement de Londres répondent que des solutions seront trouvées au cas par cas. Lee Reynolds, est le directeur politique du parti :

Tout le monde cherche à trouver une réponse, mais il y a sans doute des réponses multiples je vous donne un exemple :  on a un déjà marché unique de l’énergie en Irlande,  c’est un argument pour qu’on maintienne la même réglementation. Il y a d’autres cas intéressant : dans le domaine de la santé des animaux par exemple, où l’Irlande est considérée comme une seule et même Île, où  les diplômes des docteurs, qui sont reconnus des deux cotés de la frontiere

L’idéal pour éviter les tensions conclut un peu ironiquement le maire de Londonderry, ce serait d’aligner la plupart des réglementations du Royaume-Uni sur celles de Bruxelles. Autrement dit, faire un Brexit, dans  le Brexit.

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